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Vous n'avez encore rien vu par Alexandre Agnes

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Un pitch intriguant, le casting le plus bandant de cette fin d'année, une bande-annonce géniale : tout ça pour quel résultat ? Je suis divisé quant à ma réponse.

D'un côté, Resnais réalise un film immense qui, dans sa première partie, confine au génie absolu. Le dispositif qu'il pose (des acteurs de la "vieille génération" se remémorent les rôles qu'ils ont tenus jadis en observant des jeunes comédiens les interpréter sous leurs yeux) est en lui-même un pari fou, d'une audace infinie, et cette mise en abyme fascinante, formidable déclaration d'amour aux acteurs et au théâtre, m'a littéralement bouleversé pendant le premier acte (le film suit les quatre mouvements d'une libre adaptation de la pièce Eurydice de Jean Anouilh). Sans parler des acteurs, tous formidables - surtout Mathieu Amalric et Anne Consigny.

D'un autre côté, le film s'essouffle au fur et à mesure que le dispositif en question s'estompe. Dès le deuxième acte, on perd presque complètement ce dialogue entre la pièce projetée dans le film et sa réappropriation par les acteurs. Dès lors, il ne s'agit plus que de théâtre filmé : les dialogues deviennent longs, répétitifs, ennuyeux, le miracle des débuts s'évanouit et les particularités visuelles que l'on trouvait si charmantes (les décors gigantesques en carton pâte, les incrustations grossières) se transforment en autant de défauts, à tel point que l'on finit par trouver le film franchement laid (le générique d'ouverture rappelle le kitsh de ceux des pornos des années fin 80 début 90) et la musique de Mark Snow plus souvent mièvre que sublime.

A vue de nez, 40% des spectateurs se sont barrés en cours de route. A ceux qui sont partis les premiers, j'avais envie de hurler qu'ils passaient à côté d'un chef d'oeuvre. J'en voulais beaucoup moins à ceux qui sont partis dans la seconde moitié...

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