Ne pas vendre la peau de l'orc avant de l'avoir tué !

Avis sur Warcraft : Le Commencement

Avatar Gilraën
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Dans la catégorie nanar en puissance, sans avenir et bon à mettre à la poubelle, faut bien admettre que Warcraft avait une bonne tête de vainqueur. Adaptation d’un jeu vidéo, doublé d’un univers héroic-fantasy flashy, dont les premières bandes-annonces promettaient un déluge d’effets numériques dégueulasses, ce film avait la bonne tronche du client sur lequel taper avant même sa sortie.

Sauf que voilà, Warcraft parvient à créer la surprise malgré la masse de préjugés qu’il traine dans son sillage. C’est un bon film, à la fois divertissant et intéressant, avec un univers haut-en-couleur et un scénario qui se tient.

Une adaptation pour les fans ?

Non (enfin pas uniquement), et c’est bien le premier point positif du long-métrage. N’ayant pas joué à un seul jeu de la franchise, je connais bien peu de choses de l’univers Warcraft, et le film m’a quand même embarqué dès le départ. Pour commencer, Duncan Jones ne passe pas trois heures à nous introduire son univers, il nous laisse nous démerder dans la pléthore de noms de lieux et de personnages qu’il nous balance à la tronche. On pourrait penser que le néophyte va rester sur le carreau, mais non, tout est fait de manière claire et concise pour nous permettre de nous approprier rapidement le monde qui nous est présenté et ses enjeux.

Alors évidemment, Warcraft ravira les fans qui feront sans aucun doute des liens que nous autres, spectateurs profanes, ne pourront établir. Pour autant, le long-métrage de Duncan Jones ne s’adresse pas qu’aux joueurs de la franchise, mais bien à tous les amateurs de fantasy. Et en cela, il redore le blason d’un genre injustement mésestimé.

Le plein de fantaisies !

Ce qui m’avait choqué dans les premières bandes-annonces, c’est la bouillie numérique qu’elles nous promettaient. Et elle a bien lieu, mais là où c’est surprenant, c’est que ça passe super bien. Le parti-pris de garder l’aspect visuel du jeu m’a d’abord laissé perplexe, mais il s’avère finalement être une idée géniale. C’est cartoon, kitsch, mais on s’en fout ! C’est de la pure fantasy, avec des armures clinquantes couleur platine, des effets magiques et pyrotechniques qui te décollent la rétine et des orcs de deux mètres, musculeux et bien vénères. Voilà, ce n’est pas un ersatz d’univers médiéval terne et crade, mais de la fantasy ! Ça brille, ça explose, ça claque et on accepte finalement ce déluge d’effets spéciaux comme partie intégrante de l’univers.

Allons chasser de l’orc !

Cela ne vous aura pas échappé, Warcraft : Le commencement, c’est grosso-modo l’invasion du monde des humains par les orcs. Et ce qui se présentait comme une histoire bidon, prétexte à l’élaboration d’un film sans âme, se révèle contre toute attente, être un scénario qui se tient vraiment pas mal ! D’emblée, on n’échappera pas aux clichés du genre ou éléments pas très subtils à cause desquels on pige immédiatement quelques éléments de l’intrigue, mais dans l’ensemble, ça reste plutôt bon. Warcraft dévoile une ambition qu’on ne lui soupçonnait pas et se permet quelques passages assez surprenants que je préfère ne pas spoiler.

On regrettera que les parties centrées sur les humains soient un peu lisses et attendues, mais l’intrigue se focalisant sur les orcs est vraiment chouette. Quelques personnages sortent du manichéisme inhérent au genre et certains, en proie au doute, voient leur psychologie se développer. En fait, Warcraft n’est pas tant un film épique qu’un film dramatique, une orientation plus que bienvenue qui ne nous confronte pas à une simple adaptation pleine d’action, bête et sans âme.

Ce long-métrage pose finalement des bases assez solides pour les films qui lui succèderont et que l’on espère à la hauteur de ce premier essai.

Conclusion

Après les films réussis que sont Moon et Source Code, on pensait que Duncan Jones allait se perdre dans un projet voué à l’échec. En effet, à l’heure où la fantasy s’enlise soit dans la médiocrité (coucou Le Hobbit), soit dans la brèche ouverte par GoT, et où les adaptations de jeux vidéo n’ont encore jamais réellement convaincu, on ne donnait pas cher de la peau de celle-ci. Or, si Warcraft n’est pas exempt de défauts (en particulier sa baisse de rythme sur la fin), il s’en tire avec les honneurs et Duncan Jones réussit le double exploit de redorer le blason de la fantasy ET des adaptations vidéoludiques, prouvant qu’il ne faut pas vendre la peau de l’orc avant de l’avoir tué !

Je suis sorti de la séance en me disant que je le regarderai bien une nouvelle fois, et que j’étais curieux de voir la suite. Pari réussi donc.

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