Manque d'ambition

Avis sur Welcome to New York

Avatar Florian Bodin
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Il est inutile de revenir en arrière et de refaire tout le déroulement de l’affaire qu’à été celle dont le film est inspiré. Les articles de "presse" sont si nombreux qu’il sera aisé de retrouver aisément les traces et d’en faire son constat personnel. Ici, l’on ne parlera pas de DSK mais d’un film tiraillé entre la volonté de dépeindre un portrait de l’homme et de relater des faits que tout le monde connait. C’est là tout le problème de Welcome to New York, le fait qu’il ne sait que rarement quoi faire de son sujet.

En même temps, difficile de ne pas s’y attendre quand un projet comme celui-ci sort sur les écrans. Malgré l’apparente volonté des producteurs de ne pas surfer sur un sujet d’actualité mondial, difficile de ne pas obligatoirement voir là-dedans un acte mercantile. Mais cet état de fait passé, l’on ne peut que constater le manque d’ambition et de pertinence devant le sujet. Enfermé dans une structure plate et sans saveur, le film d’Abel Ferrara n’arrive même pas à proposer ce fameux côté "sulfureux" qu’il nous promettait. Chiant, la première moitié du film enchaîne les scènes de cul sans intérêt mêlée à une caméra molle qui semble plus voyeuse que réellement investigatrice. C’est là d’ailleurs que réside tout le problème car le film ne propose rien. Le film cherche à la fois à s’inspirer d’un fait réel tout en ne voulant justement pas le traiter, comme par peur de représailles judiciaires. L’on devra donc se coltiner une heure monotone, au montage froid et et à l’esthétique morne, qui ne fera que relater des fait sans jamais ou presque s’impliquer.

Ce n’est au final que lorsque d’autres personnages entreront dans l’intrigue que Ferrara prendra enfin possession de son sujet, trop tard. D’autant plus que celui-ci n’ira pas nécessairement bien loin dans l’idée, ne proposant ni plus ni moins que ce qu’on voyait déjà dans Nymphomaniac au début de l’année. Anarchique, en dehors du système, le personnage principal semble à tout prix vouloir affirmer son indépendance. La différence étant qu’il est un homme important, donc forcé d’en faire parti. Mais c’est bien la seule chose à se mettre sous la dent tant le rythme lancinant et cette vision brute du sujet nous ramène inévitablement au récit médiatique dont elle s’inspire.

En bref Welcome to New York est loin d’être le film violent qu’il voulait être. Creux, las, rien ne vient réellement sauver le projet qui semble pris dans une mélasse épaisse. Il faudra en plus passer outre ce côté amateur et peu instinctif du film pour apprécier au mieux les performances de Depardieu – véritable monstre – et Jacqueline Bisset. Les critiques fusent, mais il est évident que le soufflet retombe.

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