Dominique, nique, nique

Avis sur Welcome to New York

Avatar Brad-Pitre
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Welcome to New York est précisément le type de film destiné à faire le buzz et fleurant l'opportunisme à plein nez. On en a entendu parler partout dans les médias, surtout en mal, le film traînant une aura fort sulfureuse. En même temps avec un tel sujet couplé à la présence de Gérard Depardieu il semble plutôt logique qu'Abel Ferrara entende se servir de ces deux éléments pour promouvoir son film. Mais comme il est de coutume de descendre ce genre de projets presque par principe j'ai pensé que le film n'était peut être pas si mauvais que l'on voulait bien nous le faire croire. Grave erreur, parce-qu'en fait il est même encore pire que ce que je pensais.

La réalisation est dégueulasse. Franchement je veux bien être tolérant, mais là j'avais juste l'impression de me retrouver devant un épisode des Feux de l'amour. L'éclairage est lamentable, la moitié du temps on voit à peine ce qui se passe. Les plans sont d'un amateurisme flagrant, on a vraiment la sensation que le réalisateur plaçait sa caméra au hasard, parce-que, après tout, il faut bien la mettre quelque-part. C'est digne d'un téléfilm, et encore, beaucoup sont mieux filmés que ça. Ferrara a du prendre ses pieds pour filmer et déléguer la gestion de l'éclairage à un stagiaire voire à Depardieu, ce n'est clairement pas possible autrement. Le montage est incohérent, en particulier les diverses ellipses, les quelques flashbacks et les images d'archives placées on ne sait trop pourquoi à tel ou tel endroit du film. Le début est d’ailleurs particulièrement illisible, tout ce que l'on sait c'est qu'il travaille en baisant des putes pour finir à l'hôtel et y baiser encore des putes. Les deux flashbacks de la seconde partie du film arrivent sans aucune raison, un coup on voit la scène de l'agression sexuelle de la journaliste, pour un autre il s'agit de la séduction d'une jeune femme. Reste l'allocution de l'avocat de Nafissatou, incorporée dans le montage sans préoccupation aucune d'une quelconque cohérence. C'est juste bâclé.

La direction d'acteurs est aux abonnés absents. Dès le début Depardieu nous explique à quel point il déteste DSK et la classe politique, qu'il préfère jouer des personnages qu'il n'aime pas... En bref ça commence bien. Le pire c'est qu'il va être en roue libre tout le film. Obélix l'éjaculateur précoce. Son personnage de Deveraux occupe l'écran, impose sa présence, sa masse adipeuse repoussante, l'expose, s'expose, partage grognements porcins et halètements d'obèses lors de coïts éphémères. Il passe sont temps à improviser ses dialogues pour bafouiller d'affligeantes banalités, nous inflige sa vulgarité outrée pour n'offrir aucune réflexion intéressante sur l'homme. Sa psychologie est peut-être censée être définie par ses fornications bestiales où il pousse de long râles tel un animal à bout de souffle, renâcle, anhéle... Voire même de ses paroles vides et des ses réflexions creuses. Dans la mesure où je trouve que Depardieu est un gros porc, ce rôle lui va plutôt bien en fin de compte. Mais le plus drôle en fait c'est qu'il réussit quand même l'exploit de ne pas avoir l'air trop bourré dans le film. Les scènes de dialogues avec Anne Sinclair sont particulièrement lamentables, d'une fausseté totale et dignes du pire soap possible. Dans ce registre mention spéciale à Nafissatou et à la séquence du Sofitel. La scène aurait pu se trouver dans un sketch des Guignols à tel point elle est grotesque. D'ailleurs l'ensemble du film est une bouffonnerie.

Rien n'est crédible, le personnage de Deveraux a le trait bien trop forcé pour que ça puisse tenir. Parce-que d'après le film le FMI est un bordel et Deveraux travaille avec des prostituées dans son bureau. Il en va de même pour les parties fines, on n'a l'impression qu'il ne fait que ça. La scène du restaurant est également risible. Franchement voir le personnage insister pesamment sur le fait fait qu'il commande du porc et demander à sa fille et à son copain si ils baisent bien... On tombe carrément dans la grand-guignolesque. Le seul moment réussi est la fouille au corps, où la maladresse lourde de Depardieu est réellement utile. Ah oui sinon, le film est antisémite, il montre la femme de Deveraux faire une donation à Israël et le personnage de Depardieu fait une allusion douteuse sur le passé trouble de la famille de sa femme. C'est vrai que le fait de montrer quelqu'un donner de l'argent à Israël c'est antisémite, et que prêter des propos discutables à un des ses personnage fait de l'acteur, du réalisateur et du film d'horribles ordures antisémites... Et si vous n'êtes pas d'accord ce n'est pas grave, c'est que vous devez être d'effrayants montres antisémites. Au bout d'un moment il faudrait arrêter le délire de persécution, c'est pas comme si cela commence à être un peu lourd et complètement ridicule. Mais quoi qu'il en soit le film est un naufrage complet, gras et repoussant. Mais c'était sans doute le but du réalisateur, rendre le personnage de Dominique Strauss-Khan plus écœurant encore qu'il ne l'est déjà.

http://www.youtube.com/watch?v=2_9oCYUll2s&feature=kp

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