Est-ce une blague ?

Avis sur Welcome to New York

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Rien que l'idée de faire un film sur le scandale DSK à New York était déjà une mauvaise idée à la base, mais ce constat ne justifie pas le désastre qu'est ce film ! Aucune empathie n'est construite autour du protagonniste, filmé comme un être dégueulasse et sans cœur, aucune subtilité n'est apportée dans le récit par rapport à ce complexe sexuel dont souffre notre homme. L'écriture et la mise en image sont grossières, brouillonnes et paraissent être de l'amateurisme. Comment Depardieu et Bisset ont-ils pu tomber dans ce piège faussement cinématographique ?

Le film est long, 2 heures... beaucoup trop long ! Le début n'est qu'un enchaînement de scènes pornographiques répétitives, trop longues et sans grand intérêt. Pendant l'acte, le réalisateur Abel Ferrar filme son protagoniste à contre-jour, de manière à le montrer telle une masse horrible prenant du plaisir, tandis que Gérard Depardieu émet des soufflements, grognements et autres bruits bizarres tout en s'agitant. Le résultat est tout simplement grotesque. Ce parti pris de mise-en-scène serait appropriée si le réalisateur était aux commandes du nouveau "Massacre à la Tronçonneuse", mais là Abel Ferrara est loin du compte, vraiment loin ! C'est après tout un sujet humain que l'on traite et non une bête dans l'ombre. Et ces bruits étranges poussés par Gérard Depardieu, quel horreur !

Puis vient la fameuse scène du viol avec la femme de chambre. Ils n'auraient pas pu trouver actrice moins convainquante pour le rôle ! La scène est ridicule et les réactions sont peu crédibles. Encore une fois, les grognements poussés par Gérard Depardieu – à moins qu'il ne s'agisse d'un mixage spécial en post-production – discréditent l'entièreté de la scène. La couleur est donnée : le film n'est non pas ridicule, il est carrément risible tellement la mise-en-scène sonne faux !

Pour le reste du film, il convient d'appuyer sur le bouton 'avance rapide' voir même de couper la transmission tellement le niveau de qualité baisse au fur et à mesure que les minutes défilent. Abel Ferrara a tellement peu de choses à raconter que le ¾ du film n'est que du remplissage... des séquences longues à mourir, non ellipsées et faussement dardenienne, de temps en temps une nouvelle petite scène de sexe pour la forme, et tout le reste du temps des dialogues et autres disputes à rallonge entre le protagonniste et sa femme qui nous confirment que se prendre la tête pour des bêtises n'en vaut vraiment pas la peine. Non, décidément tout dans ce film est mauvais... dialogues, photographie, jeux d'acteurs, bruits poussés par Gérard Depardieu, scénario, mise-en-scène et idée de base... C'est dommage de le dire, mais ce travail ne trouve aucune justification et aucun sens. Le cinéma fonctionne sur 'l'humain', pourtant on dirait pendant tout le film qu'Abel Ferrara s'acharne à rendre son protagonniste plus monstrueux et haïssable qu'il ne l'est déjà. Résultat décadent, grotesque et risible ! Désolé pour l'équipe!

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