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Whiplash par Marcelin Saulgrain

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Parfois, il faut savoir lire les critiques et aller voir les films qui sont conseillés. Parce que si je ne l’avais pas fait, je serais passé à côté d’un film au nom imprononçable et incompréhensible (Whiplash veut dire « coup de fouet » mais c’est aussi le titre d’un morceau de jazz), sur un sujet qui ne m’évoquait pas grand-chose. J’aurais manqué un bon film ! Le jeune Andrew est batteur de jazz. Il vit par et pour la musique, avec la volonté de devenir l’un des plus grands. Il a intégré le Shaffer Conservatory, l’une des meilleures écoles de musique, et il se fait remarquer par Terence Fletcher, un maître réputé. La pédagogie de Fletcher est basique : il humilie et violente ses élèves, afin de les piquer au vif et leur faire exprimer une part de génie. Andrew va sacrifier sa vie pour atteindre ce rêve, mais toute quête a ses limites. Whiplash fait penser à Black Swan de Darren Aronofsky (2010). Ici, pas d’incursion dans la folie, mais la même exploration des obsessions, quand l’ambition finit par dévorer ceux qui la nourrissent. À travers le parcours d’Andrew (Miles Teller), on s’interroge sur nos propres rêves : où place-t-on nos priorités, jusqu’où peut-on aller pour satisfaire nos ambitions, les difficultés pour concilier espoirs et image de soi, et au final comment réussir sa vie. Fletcher (l’excellent J. K. Simmons, déjà croisé dans les séries TV Oz, New York police judiciaire ou The Closer) a un rôle de sadique mais en même temps de révélateur. Le film de Damien Chazelle n’est ni austère ni simpliste. Il traduit bien les contradictions de chacun, et les compromis que l’on doit d’abord faire avec nous-mêmes

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