"Blood, tears and sweat"

Avis sur Whiplash

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"Blood, tears and sweat", c'est ce que pourrait promettre Terence Fletcher aux élèves qu'il sélectionne pour intégrer son groupe: le meilleur du conservatoire. A peine a-t-il franchi la porte que tous se lèvent. Les notes sont absorbées par le silence envahissant la pièce, la tension monte jusqu'au départ donné par le chef. Le spectateur ne peut qu'être mal à l'aise face à cette scène dans laquelle la présence d'un seul homme inspire la crainte de tous. Car non, ce n'est pas un silence de respect qui s'installe mais celui de la peur: la peur de ne pas être à la hauteur, celle d'être moqué, ou pire, humilié.

Ceux pour qui musique rime avec plaisir et partage seront ici plongés dans un monde où règnent l'ambition ravageuse et la violence psychologique; M. Fletcher n'a qu'un seul objectif: façonner la future légende du jazz.
Alors qu'Andrew, jeune batteur tout juste arrivé dans l'école, ne rêve que d'un chose: devenir le meilleur pour que l'on se souvienne de lui, il est invité à rejoindre le groupe de Fletcher. Commence alors pour lui un long chemin vers le sommet rêvé. Il s'enferme dans un monde à part et mal compris des autres, se coupe de tout et est prêt à anéantir le moindre obstacle qui le dévierait de son objectif.

S'en suit un long combat contre les autres, rivaux potentiels, se traduisant par des scènes un peu surréalistes de duels rythmés, oscillant entre les combats de gladiateurs et ceux de sportifs de haut niveau. Il s'agit surtout d'un combat contre soi-même confrontant aspirations, ambitions et réalité. Pourtant, l'ambition d'Andrew semble sans limite, la gloire qu'il rêve d'obtenir devient sa raison de vivre. A tel point que l'on en vient à se demander quel est l'objet véritable de cette quête apparemment sans fin. La reconnaissance et la célébrité peuvent-elles, à elles seules, expliquer un tel dévouement, parfois malsain ? Andrew, adolescent solitaire, n'aurait-il pas plutôt trouver là un refuge, une sorte de ligne qu'il n'aurait qu'à suivre pour donner un peu de sens à une vie qu'il souhaite éloignée d'un ordinaire et d'un quotidien ennuyeux, et , peut-être, par là, effrayant.

Tourné au plus près du protagoniste avec des scènes esthétiquement très soignées, notamment les scènes musicales, et des effets de lumières rappelant le monde de la scène, Whiplash allie la forme et le fond pour nous maintenir en haleine du début à la fin. Il pourrait presque s'apparenter à un thriller psychologique. L'angoisse qu'inspire M. Fletcher traverse l'écran pour nous saisir, son désir de grandeur et de perfection, tout comme l'ambition et le talent d'Andrew, ne semblent pas connaître de limites, si ce n'est, pour les dépasser.

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