Sueur et sang pour la rédemption

Avis sur Wild

Avatar morgane363
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Cheryl est ce que les bien-pensants nomment une fille à problèmes. Dévastée par la mort brutale de sa mère la jeune femme sombre dans l'alcool, la drogue, détruit son mariage en s'offrant au premier venu. Comment sortir de cette spirale infernale? la thérapie de Cheryl ne se fera pas grâce à un centre de rehab, à une armée de psychologues et à une bonne dose de médicaments mais au moyen d'une marche....une très longue marche.

Affronter la nature pour mieux combattre ses démons, tel est le résumé de ce film. Certes, le thème n'est pas nouveau. Les retours aux sources, le rejet de la société de consommation, la thérapie par l'effort physique et le dépassement de soi sont des concepts vus et revus au cinéma. De plus, difficile de surpasser le sublime Into the Wild (réalisé par Sean Penn en 2007)

Alors que faire? Passer son chemin? Wild est-il à ranger dans la catégorie "Un de plus"? Pas si sûr...

Difficile de rester insensible au propos. Nous avons tous une Cheryl en nous: Qui n'a pas un jour rêvé de lacer ses chaussures, de jeter quelques affaires dans un sac puis de partir à l'aventure? Mais une fois cette pulsion passée, nous baissons les yeux et retournons à nos vies confortables bien que monotomnes voir déprimantes.

Et c'est pour cela que l'on aime Wild, et que l'on admire Cheryl. ELLE l'a fait. Elle a eu le courage de dire stop, de partir, de marcher pour revenir meilleure. Faire une randonnée semée d'embuches (mais la vie moderne, n'est-elle pas, elle aussi, jonchée d'obstacles toujours plus hauts?) Arpenter les montagnes de la côte ouest, marcher dans les pierres, la fournaise, la tempête ou le froid glacial jusqu'au pont des Dieux, terminus de son périple, allégorie du Paradis avant la résurection.

Nous sommes en Amérique et l'idée d'expiation, de rédemption n'est jamais loin. La souffrance endurée par la marcheuse (chaussures trop grandes, manque d'eau) sont une peine nécessaire pour ses fautes. Le schéma remonte à la nuit des temps mais il marque toujours les consciences.

Le message est là mais le visuel n'est pas en reste. Avec un tel sujet il est aisé d'offrir aux yeux du public un paysage magnifique, une photographie à la lumière léchée et quelques plans quasi mystiques. Un peu facile, sans prise de risques mais bien fait. Le thème musical langoureux, constitué de diverses versions du titre de Simon & Garfunkel El Condor Pasa offre une certaine puissance à l'ensemble tout en flirtant avec un côté envoutant, chamanique.

Le film de Jean Marc Vallée est fort en symboles. Trop? Sans doute pas. L'excès est omniprésent: dans la faute, dans la pénitence... Et cela fonctionne sur le spectateur.

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