WOLVERINE : LE COMBAT DE L’IMMORTEL (par Cineshow.fr)

Avis sur Wolverine : Le Combat de l'immortel

Avatar Mathieu  CRUCQ
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Vu de loin, ce nouveau Wolverine ressemblait à un produit marketing pur et simple. Deuxième film consacré au griffu, sixième dans lequel le apparaissait en comptant les X-Mens, il avait la lourde tâche de faire oublier le drame cinématographique survenu en 2009 avec X-Men Origins: Wolverine. Le film de Gavin Hood était une insulte au personnage, un nanar moderne faisant tâche parmi la série de films sur les mutants globalement de très bonne facture. La FOX, consciente du « problème » a donc légitimement décidé de ne pas réaliser une suite directement mais de proposer une nouvelle histoire à la suite du X-MEN 3, faisant ainsi le pont entre la trilogie originelle et le prochain X-MEN qui sortira l’an prochain, Days of future past. Un temps attaché à Darren Aronofsky, c’est finalement entre les mains de James Mangold que le projet arriva. Un choix pas si étonnant que cela, le réalisateur étant considéré comme un homme de talent au regard de sa filmographie éclectique (Walk The Line en tête ou Copland) mais pouvant également assurer dans le registre de l’action comme il l’avait prouvé avec Knight & Day. Était-ce suffisant pour faire oublier le premier film ? Verdict.

Disons-le tout net, ce nouveau Wolverine n’est pas le renouveau attendu, et encore moins LE film ultime que le mutant le plus énervé que l’on connaisse méritait. Pour autant, au regard des conditions du projet, des contraintes que l’on imagine facilement avoir été imposées au réalisateur par le studio après la défection d’Aronofsky, mais également de l’héritage pesant que représentait le premier film, on se dit que le résultat n’est finalement pas si déshonorant que cela. La vraie bonne idée de cette nouvelle aventure est d’avoir déplacé l’intrigue au Japon, en suivant le premier arc narratif développé par Frank Miller et Chris Claremont dans les années 80. Un retour aux origines salvateur mais légèrement aseptisé vis-à-vis de ce que l’on était censé voir, pour des raisons de classement PG13 aux Etats-Unis. Malgré ces considérations d’ordre économique pour lesquelles on ne se faisait guère d’illusion, Wolverine le combat de l’immortel reste une occasion intéressante pour découvrir quelques parties manquantes de l’histoire de Logan, et notamment sa relation avec un soldat sauvé de Nagasaki, étant entre temps devenu l’un des plus grands patrons du Japon. A la veille de sa mort, ce dernier souhaita revoir Logan pour lui proposer un marché, devenir mortel afin de le guérir de sa mutation en forme de malédiction. Un troc plus qu’une preuve de bonne volonté puisque ce dernier n’hésitera pas à avouer vouloir récupérer les pouvoirs de régénérescence du mutant pour lui-même, afin de ne pas passer l’arme à gauche. Dès lors, il sera facile d’identifier la véritable intrigue du récit dans lequel s’entrecroisent deux storylines imbriquées mais parfaitement distinctes en termes d’implications. D’un côté, la chasse du personnage de Mariko (la petite fille du grand patron) par les Yakusas et que Logan décide de protéger. De l’autre, la chasse par les sous-fifres d’un autre mutant, Viper, laquelle cherche à trouver Logan pour le rendre vulnérable et donc destructible.

C’est donc à une sorte de course poursuite que nous assistons, sans trop saisir les tenants et aboutissants de chaque arc narratif d’ailleurs (encore que si l’on se creusait vraiment la tête en début de film, on pourrait facilement trouver les réponses), un chemin linéaire au cœur d’un Japon fantasmé et très inspiré par la culture Comic dans lequel Logan tentera d’être plus fort que le trauma de la perte de Jean Grey. Des souvenirs fréquents mais pas toujours très bien rappelés via moult séquences oniriques en présence de Famke Janssen, une présence relativement courte en terme en temps mais toujours plus marquante que celles de l’actrice interprétant Mariko. Les présences féminines ne sont d’ailleurs pas les points les plus réussis du film, celles-ci se limitant à des personnages traités de manière hyper surfacique à l’instar de la Viper dont le potentiel n’est jamais véritablement exploité en terme de combats et même de tension générale. Malgré cette déception dans la peinture des personnages tiers, Wolverine le combat de l’immortel s’offre quand même plusieurs séquences réellement intéressantes, notamment lors des passages musclés intégrant toute sorte de ninjas et donc de combats aux sabres. Qu’il s’agisse de l’échappée de Logan et Mariko dans les rues de Tokyo, ou d’une séquence impressionnante de Logan stoppé par des dizaines de flèches plantées dans son dos, toutes s’offrent une mise en solide et efficace à défaut d’être extrêmement impressionnante visuellement. Le combat final face au Samourai d’Argent quant à lui n’arrivera pas à être le point culminant du film même s’il se voudrait l’être, et demeure en deçà du reste, tant par le manque de tension réelle qu’il provoque que par sa « surprise » révélée que l’on soupçonnait depuis un bout de temps.

Loin d’être un grand film de super-héros, et d’un grand film tout court, Wolverine le combat de l’immortel réussi malgré tout à faire oublier la catastrophe que fut son prédécesseur. Logan y est moins énervé, plus introverti mais le passage par les montagnes asiatiques a pour lui d’apporter un véritable nouveau décor à un univers que l’on connaissait par cœur, et qui commençait à sentir un peu le renfermé. Et il fallait bien cela pour arriver à donner de l’intérêt à une histoire somme toute classique voire anecdotique dans le paysage des adaptations MARVEL. Enfonçant quelques portes ouvertes, très grand public pour s’ouvrir une audience plus large (n’attendez donc pas de voir du sang même si la plupart des combats sont à l’arme blanche), handicapé par des personnages secondaires pas vraiment travaillés et une histoire avec des lacunes assez énormes (pourquoi Logan ne souffre-t-il pas lorsque sa mutation est presque anéantie ?), le film de James Mangold réussi malgré tout (et nous sommes les premiers surpris) à se révéler divertissant et plutôt plaisant à suivre. Et vu ce à quoi nous avions eu le droit avant, on peut dire qu’on ne s’en plaint pas trop. Dispensable mais pas inintéressant !

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