Wolverine : L'icône de la souffrance. (SPOILS À FOISON !!)

Avis sur Wolverine : Le Combat de l'immortel

Avatar Star-Lord alias  Peter Quill
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La dernière partition de James Mangold, "LOGAN" est sans conteste la volonté d'offrir au mutant griffu une fin de règne à celui qui fut le point de vue principal, le lien indéfectible de la saga X-men. Le premier volet de la franchise sorti en 2000 et ce dernier spin off bouclent la boucle d'une ère sacrément en proie au contexte politico-racial de son époque et son incapacité à renverser les tendances malgré les talents des élèves de Xavier. Au début du XXI ème siècle, Singer amorçait son film par une redoutable séquence au coeur des camps de concentration où le jeune Magneto brutalement séparé de ses parents voyait ses pouvoirs se dessiner au contact de la rage. La souffrance infligée, "Erik" apparaissait plus comme un version radicale de Malcolm X opposée à celle plus "Kennedy" de Xavier. Moins violente mais tout aussi pernicieuse, la politique conservatrice du sénateur Robert Kelly annonçait un destin funeste pour les mutants rappelant les heures sombres de l'histoire. "Logan" est donc moins la réponse tragique que le prolongement puissamment mélodramatique du film de Singer. Aucune voie pacifique n'ayant pu être trouvé afin que Mutants et Humains puissent vivre en paix. Un combat perdu d'avance. Conséquences ? Une violence accrue lors des corps à corps. Logan tranche les membres, déverse sa colère sur Caliban tout en révélant son incapacité à communiquer avec une enfant de "sa race". Lui, qui, il y a 18 ans dévoilait sa tendresse à Rogue (Malicia) planquée derrière sa gueule de baroudeur immortel. "Logan" peut être vu comme un loner mais il ne peut fonctionner sans ce background émotionnel bâtit sur presque deux décennies. Le film charrie toute une histoire, une mythologie du surhomme en fin de course annonçant autant la fin d'un genre qu'un chapitre ultime chez les X-men. L'exercice est cossu, déchirant, (parfois) imparfait complètement dévoué à son acteur principal.

"The Wolverine" et "Logan" sont intimement liés. Le premier segment révèle dans l'un de ses dialogues les plus marquants la mort de son héros : La vision dans un futur proche du corps de Wolvie ensanglanté et sur le dos. Le diptyque évoque donc deux phases menant au trépas. Si les faveurs de la planète geek vont vers "Logan" (l'habillage western comme référence et la toile de fond apocalyptique), la proposition "The Wolverine" offre un film d'une autre radicalité, se soumettant à quelques percées magnifiques en terre nippone. L'hétérogénéité de l'écriture au profit du jusqu'au-boutisme d'une mort héroïque (attendue) en fin de parcours, écarte l'idée du requiem pur et simple. "Le Combat de L'Immortel" fouette un autre chat autrement plus complexe : L'immortalité.

Un corps qui ne se ride pas, un squelette d'adamantium indestructible, Wolverine est une icône de la souffrance. Si le héros pointe un index sur sa tempe dans "Days of the future past" en évoquant que "tout a été détruit là-dedans" démontre la geôle organique dans laquelle il vit. Enfance douloureuse voyant l'apparition d'appendices en os déchirant ses chairs, son éternelle gémellité avec "Sabertooth" son double maléfique, la perte de sa première compagne, l'intégration du métal indestructible dans ses membres, sa perte de mémoire, l'éradication de ses frères mutants, Wolverine est un personnage condamné à la perpétuelle douleur mentale et physique. Un masochisme qui trouve un équilibre assez juste lorsque ce dernier cadenassé au souvenir de Jean Grey décide d'abandonner l'école de Xavier et de vivre en ermite au Canada. Réduit à l'impuissance pour cause de non régénération de ses plaies, Wolvie trouve au Japon des adversaires à sa mesure.

"Le combat de l'immortel" en opposition à "Logan" est le chapitre du masochisme absolu. Celui qui refuse d'offrir une sortie libératrice et qui continue à torturer le héros dans sa psyché lui infligeant lacérations et pratiquant l'auto-mutilation. Wolverine étant quasi indestructible, le soin apporté à distordre son corps et son âme relève du chemin de croix. Condamné à se relever sans cesse, le mutant déraciné de ses montagnes canadiennes et séparé de son unique lien affectif (l'école de Xavier pour surdoués) subira les derniers châtiments sur un sol asiatique où prévaut, en temps normal, le sens de l'honneur.

Une réponse que James Mangold se plaira à convertir sous la forme d'une trahison. Yashida déleste Logan de son fardeau dans un but précis. Acquérir son immortalité sous la forme d'un guerrier ultime : "Le samouraï d'argent". Si Mangold se voit plus hésitant sur le ton de son film en comparaison d'un "Logan" forgé dans le réalisme absolu, la conclusion de "The Wolverine" parachève l'idée de diminuer la substance héroïque de son personnage central. Outre l'hyperalgie de Wolverine, l'idée de castration du héros en tranchant ses griffes d'un revers de sabre équivaut à descendre d'un cran son statut. Prisonnier de ses démons intérieurs, privé de ses habilités, trahi par ses proches, littéralement émasculé par son adversaire qui le domine de toute sa hauteur, chaque couche scénaristique confronte le héros à une brutalité extrême.

Wolverine reste l'un des super-héros les plus attachant. Son image de combattant traversant les époques ne s'accompagne en rien d'une dimension sacrificielle ou encore Christique. Ses actes forgent son expérience en un élan égoïste. Un héros qui bosse pour lui.

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