Un petit film atypique et truculent à découvrir à l'image de son héroïne et de ses belles conviction

Avis sur Woman at War

Avatar Rémy Fiers
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C’est certainement l’œuvre venue des antipodes qui sera le feel-good movie, le petit film dépaysant de l’été. « Woman at War » a été acclamé à Cannes, peut-être de manière un peu trop ostentatoire car le film n’est pas non plus un chef-d’œuvre et il ne déborde pas toujours de bonne humeur et de joie, mais c’est un long-métrage plaisant et parfaitement original qui fait du bien. Rien que le prologue nous indique que l’on va assister à quelque chose de tout sauf consensuel. On y voit Halla, le personnage principal, brandir un arc et saboter les lignes électriques traversant les hautes terres islandaises avant qu’un orchestre traditionnel prenne place dans l’action pour mettre en musique le générique. Iconoclaste et étonnant. Néanmoins, ces inserts musicaux illustrant en musique les émotions du personnage principal deviennent lassants sur tout un film.

Ce qu’on adore le plus ici, c’est le personnage principal, truculent et admirable. Les convictions qu’elle porte (et dont le film se fait donc le parangon) sont à saluer. Un propos écologique fort et contestataire qui ne légitime pas l’éco-terrorisme mais s’appuie dessus pour dénoncer le capitalisme sans bornes et la destruction de la nature. Et bien sûr, le fait que le film se déroule dans un pays à la cinématographie de plus en plus importante, l’Islande, est tout aussi passionnant que le sujet du film et donne un aspect dépaysant au film pour nous, français. Après les excellents « Béliers » et « Heartstone », « Woman at War » est une nouvelle preuve de la vitalité de ce cinéma des antipodes. Et la beauté fascinante de ce petit pays est parfaitement rendue ici. Une immersion tout aussi bien dans les contrées sauvages et glacées inhabitées dans la seconde partie que dans les coutumes locales et citadines des islandais dans la première. Cela fait beaucoup dans la singularité de cette œuvre en forme de bulle de fraîcheur au fond pourtant très sérieux et nécessaire.

Cependant, la première partie patine un peu par moments, partagé entre le sujet principal et le dilemme de l’héroïne entre se battre pour ses valeurs ou privilégier la possibilité de devenir mère, choses incompatibles ici avec ses activités terroristes. Mais ensuite, le suspense devient étonnamment prenant et « Woman at War » se mue réellement en thriller haletant, devenant de plus en plus abouti visuellement et rigoureux dans l’exécution de son propos. On en vient à rêver alors à ce que le metteur en scène Benedikt Erlingsson aurait fait d’un tel sujet dégraissé de ses vertus comiques et bienveillantes, seulement concentré sur le survival politique. Mais on se contente de ce que l’on nous offre et c’est déjà très bien comme ça. Un tour de passe-passe malin (mais facile) du scénario que l’on voit venir à des kilomètres conclut d’ailleurs le film en beauté. En somme, une découverte qui fait du bien dont les quelques scories et déceptions ne viennent pas entamer le plaisir de la vision.

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