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Wudang Masters par cherycok

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Patrick Leung est un réalisateur très discret. Découvert par beaucoup avec l’excellent Beyond Hypothermia ou le très bon Somebody Up there Likes Me, il a rencontré le succès au box office local avec des comédies telles que La Brassiere, Mighty Baby ou encore Good Times Bed Times. Mais depuis Twins Effect 2 (2005) sur lequel il était co-réalisateur, il se faisait assez discret, ne sortant que quatre films en sept ans qui ne furent pas de grands succès en terme de recettes. Avec Wu Dang, il se lance dans le film d’arts martiaux, son premier à ma connaissance (Twins Effect 2 n’en est pas vraiment un à proprement parler) mais malheureusement, l’ensemble est bien moins réussi que ce qu’on aurait pu espérer…

Une chose est certaine, c’est que Patrick Leung sait ce qu’il fait caméra au poing niveau mise en image. C’est beau, c’est très beau, aussi bien au niveau des décors, paysages, bâtiments, que dans la manière de les sublimer avec de longs travelings. Il prend bien le temps de nous les montrer à grand renfort d’une sublime photographie et d’une bande originale des plus réussies, quoi que parfois un poil trop envahissante.
Il faut dire qu’avec un scénario aussi mince, une histoire de tournoi avec en parallèle une recherche de trésor sacré pour soigner l’être cher, il fallait bien « meubler » avec tous ces paysages entre les scènes d’action parce que ce ne sont pas les moments plus « intimistes » qui allaient faire ce travail. C’est parfois complètement cul-cul, à la limite de la niaiserie, avec des histoires d’amour qu’on voit venir à 10km, ou encore une scène assez surréaliste avec des petites plantes qui s’animent dans des SFX moyens. Je n’ai peut-être pas l’âme d’un poète mais je sais apprécier des films romantiques, mais là, ça n’a pris à aucun moment. Je ne parlerais pas du Happy end qui gâche un peu la fin plutôt rigolote du film.

Même si la touche de surnaturel du final était selon moi de trop, on a quand même pu apprécier les performances martiales du toujours excellent Chui Man Chek (The Blade) mais également celles de Dennis To (Ip Man).
Les scènes d’action sont d’ailleurs assez nombreuses et plutôt variées. Poings, armes blanches, elles sont comme le reste du film très jolies visuellement parlant. Même au niveau des chorégraphies de Corey Yuen, très câblées il faut l’avouer mais c’est un style, on sent qu’un gros travail a été fait. Malheureusement, ils sont tous ou presque plombés par des ralentis à la chaine, qui permettent certes d’apprécier les mouvements, mais qui enlèvent toute la dynamique et le punch. Et c’est dommage car à vitesse normale, ils auraient pu être splendides… J’appelle ça le syndrome Crying Freeman (celui de Gans).
On retiendra tout de même le combat en duo avec Chiu Man-Chek, très beau visuellement, chorégraphié comme une danse, ou ce dernier se sert de sa partenaire comme d’une arme, la valdinguant dans tous les sens, détruisant meubles et murs. Vraiment très sympa.

Bilan très mitigé pour ce Wu Dang de Patrick Leung, les ralentis gâchant vraiment la partie Action du film. Néanmoins, c’est court (1h35), facile d’accès de par son scénario classique, et finalement, on ne s’ennuie pas. On sort très déçu certes mais pas avec cette sensation d’avoir complètement perdu son temps. Un film moyen.

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