Une première conclusion imparfaite mais loin de la médiocrité

Avis sur X-Men : L'Affrontement final

Avatar damon8671
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Premier film X-men qui n’est pas réalisé par Bryan Singer, premier film X-men pas très populaire comparé aux deux précédents, ça a sans doute un rapport puisque les trois films sont présentés comme formant une trilogie à part entière et la conclure avec un autre réal c’est dommage, maintenant Bryan Singer n’a pas le monopole de la réal des bons films X-men il y a donc d’autres raisons à ce semi-échec critique. Pour bien me faire comprendre je vais spoiler quelques événements importants du film, si vous ne l’avez toujours pas vu passez votre chemin.

Le point de départ du scénario est vraiment bon je pense, un « antidote » faisant passer de l’état de mutant à celui d’humain remet en cause une certitude acquise jusque là, un mutant reste un mutant et doit vivre avec, là tout devient incertain et les mutants dont divisés, Malicia y voit évidemment une occasion de vivre une vie qui lui conviendrait mieux alors que Magnéto y voit la prochaine étape dans la guerre entre humains et mutants et c’est pas de la parano puisque des armes sont développées en secret à partir de cet antidote. La scène où il compare cela à l’extermination progressive des juifs durant la seconde guerre a beaucoup d’impact, l’enjeu est à la fois d’importance et prétexte aux divisions internes et sujets politiques intéressants, jusque là ça me plaît beaucoup.

Malheureusement, la guerre que cette division va déclencher et la façon dont le scénario a été articulé va mettre en place beaucoup trop de mutants dans l’histoire d’un seul film, erreur que reproduira Bryan Singer lui-même bien plus tard dans Apocalypse, et forcément quand tu mets des dizaines de personnages importants en deux heures t’en sous-exploite beaucoup, c’est inévitable. Déjà l’armée de Magnéto est tellement vaste que plein de mutants servent juste de pions, c’est lui-même qui le dit plutôt que d’avoir une petite bande bien travaillée, même les principaux comme le Fléau, l’homme multiple, Calisto, Pyro, Arclight... ne peuvent pas être développés.

Ce trop plein de personnages se voit pour les nouveaux avec Angel par exemple qui sert de déclencheur à la motivation du toubib pour concevoir son antidote, ravive la raison d’être de l’école quand les X-men doutent et a droit à une petite scène dispensable pour montrer qu’il peut voler, et c’est tout, fin du personnage parce qu’on avait pas le temps de plus l’intégrer dans le scénario, même s’il y avait bien plus à faire avec. Mais ça se voit aussi sur les personnages anciens avec Mystique qui est encore une fois géniale à l’écran, son apparence, son pouvoir, ses cascades, ses répliques (« tu ne veux pas jouer avec moi ? ») mais moins présente que lors des premiers films, un choix que je trouve très discutable.

Storm est un personnage que je trouve toujours aussi charismatique mais encore une fois et peut-être plus encore sous-exploité en tant que leader, elle s’affirme contre cette idée d’antidote tout en étant dans le camp des X-men, elle se bat pour que l’école demeure coûte que coûte, elle devient l’un des X-men survivants les plus puissants, et finalement c’est Wolverine qui occupe trop cette place de leadership, motivant les troupes, donnant les directives dans la bataille... alors que c’est assez loin du personnage de base, je regrette ce choix également. C’est dommage parce que la relève un peu bancale assurée après le professeur ne donne pas trop de sens à sa disparition très bien mise en scène mais mal placée dans le récit à mon sens.

Scott est très vite expédié dans son implication dans le scénario, ça me gêne pas trop vu que j’ai jamais aimé le personnage pour être honnête mais son manque de présence est davantage dû à une indisponibilité de l’acteur qu’à un choix scénaristique et ça se sent. Le fauve est très maladroitement introduit, genre ça fait plaisir de te revoir mon vieux alors qu’il est ni montré ni évoqué dans les deux précédents films, au moins il sera prétexte à quelques bons effets de mise en scène. Il y a pourtant quelques bonnes surprises dans les sous-intrigues, Kittie Pride est incarnée cette fois-ci par Ellen Page, j’ai bien aimé le personnage et sa relation avec Bobby que je trouve plus réussie que celle avec Malicia qui a pourtant profité de 3 films pour se développer, la scène de patinage est très rafraîchissante vu son contexte (succès déverrouillé : jeu de mot à deux balles).

Tous ces personnages sous-exploités occupent tout de même du temps qui manque un peu au pilier de ce film, Jean qui revient en tant que Phénix, si la mise en scène lors de la mort de Scott est un peu fainéante, la lévitation des objets autour d’elle introduise très bien son pouvoir amplifié, Famke Janssen joue très bien l’ambivalence entre Jean et Phénix, elle apporte une nuance au personnage du professeur qui a dû prendre une décision difficile qui ne fait pas l’unanimité d’un point de vue moral... C’est dommage par contre que sa romance avec Wolverine n’a été qu’à peine introduite dans les précédents films, là ça marche pas super bien du coup ou pas autant que le film le vend.

Par contre, j’ai vraiment aimé le personnage du Phénix en lui-même qui se laisse consumer par la soif de pouvoir et les fois où elle se laisse aller sont toutes superbes, son duel mental avec le professeur, la menace sur Magneto, la montée des eaux ultra spectaculaire à la fin du film... plus classe que jamais, Jean Grey prend la place de Mystique et Magneto comme antagoniste que je préfère pour ce troisième film. Magneto reste charismatique, outre que évidemment sa fin dans le film et le twist final parfaitement ridicules, j’adore sa réplique « selon Charles il y a toujours un pont à bâtir », mais deux problèmes se posent : sa naïveté de contrôler le Phénix et sa faiblesse comparée à la toute-puissance de ce même personnage, c’est censé être le leader de la communauté et finalement il apparaît pas très intelligent et moins puissant qu’il ne le devrait, peut-être aurait-il fallu le faire passer plus vite au second plan pour laisser toute la place qui revient à Jean.

X-men 3 n’est pas le meilleur des X-men, pas plus qu'il n'est la conclusion à laquelle on était en droit de s’attendre suite au deuxième film, ça aurait été un peu triste si son échec avait signé la mort de la saga au cinéma, il n’en est rien et bien qu’imparfait plusieurs choses m’ont plus et il reste un divertissement très correct, loin des médiocres Elektra, Dardevil ou autre Catwoman sortis la même période.

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