👉 20 mai : Mise à jour de notre journal de bord (qui devient hebdo)
Le bilan de la nouvelle version du site est accessible ici.

Le dernier opus de Terry Gilliam est assez déconcertant. Les amateurs du cinéaste ne seront pas dépaysés, l'identité visuelle de l'artiste étant présente dans chaque plans tout comme le scénario, mélange d'anticipation dystopique et de trouvailles déjantées. Le regard caustique du réalisateur sur cette société qui ressemble fortement à ce que pourrait devenir la nôtre d'ici quelques années est souvent très drôle et forcément angoissant. Ainsi, on nous présente des soirées où chacun écoute sa propre musique grâce à ses écouteurs personnels, où on préfère prendre des « selfies » plutôt que de se joindre aux autres ; une obsession de l'interdiction (plan très drôle où un mur est recouvert de panneaux dictant plusieurs interdictions) ; une vision grotesque du travail où l'on pédale comme dans un jeu vidéo pour combattre un ennemi virtuel : le chômage ; ou encore une vision très personnelle de la future médecine du travail où des psy viennent vous interrompre sur votre écran d'ordinateur pour vous indiquer de bien reprendre votre respiration (Tilda Swinton refaisant ici plus ou moins son numéro de Snowpiercer).

Mais voilà, tout cela pour quoi ? Gilliam semble en effet un peu perdu avec son film. Difficile de voir où il souhaite emmener tout ça, faute à un scénario beaucoup trop abscons. Le personnage principal incarné par Christoph Waltz doit en effet démontrer un théorème dont on apprend très vite qu'il énonce que tout n'a aucun sens. Aussi, ce même personnage semble obséder par un coup de téléphone qu'il attend depuis des années pour pouvoir donner un sens à sa vie. Si la vision et la volonté de Gilliam sont séduisantes (illustrer la vacuité de notre société où tout devient virtuel et où tout cours derrière un objectif inconnu), cela semble bien peu puisque l'intrigue surligne ce que l'univers créé met déjà en image dès les premières minutes. On pense bien sûr à Brazil, mais un Brazil où le charme n'opérerait plus. Il y a bien une vision du monde, mais tout cela manque de romanesque. Le film reste agréable à suivre, mais on le rangera clairement du côté des films mineurs de l'ex-Monty Python.
ValM
6
Écrit par

Cet utilisateur l'a également ajouté à sa liste Les meilleurs films de Terry Gilliam

il y a 7 ans

Zero Theorem
Samu-L
8
Zero Theorem

Zero est égal à 100%

Je pense qu'on peut m'accuser de ne pas être objectif face à Terry Gilliam et à son nouveau film. Ben vous savez quoi, l'objectivité, je l'emmerde! Les acteurs sont excellents (Christoph Watlz est...

Lire la critique

il y a 7 ans

82 j'aime

13

Zero Theorem
Hypérion
6
Zero Theorem

Black holes and (no)revelations

Terry Gilliam qui remet le pied à l'étrier de la SF, je ne pouvais pas passer à côté. Une fois la séance achevée, je me suis retrouvé bien en peine de démêler mes impressions sur ce Zero Theorem. Un...

Lire la critique

il y a 8 ans

53 j'aime

Zero Theorem
Sergent_Pepper
3
Zero Theorem

Canada dry

Remarques diverses en cours de visionnage. Au vu de l’exposition foutraque et colorée, ça sent le petit film aussi laborieux que prétentieux. Ça va dans tous les sens, ça brasse des thèmes éculés au...

Lire la critique

il y a 8 ans

49 j'aime

7

Priscilla, folle du désert
ValM
9

No more fucking ABBA !

Les visions successives ne semblent pas porter préjudice à l'enthousiasme que l'on ressent devant le génial film de Stephan Elliot. Pourtant, avec son exubérance et son overdose de musique disco, le...

Lire la critique

il y a 7 ans

14 j'aime

1

Belladonna
ValM
8
Belladonna

Critique de Belladonna par ValM

Quasiment invisible en France, où il ne fût d'ailleurs jamais exploité malgré sa présentation à Avoriaz en 1975, La Belladone de la tristesse (autrefois « La Sorcière ») constitue une expérience à...

Lire la critique

il y a 7 ans

9 j'aime

Sue perdue dans Manhattan
ValM
9

Magnifique inadaptée

Nombreux sont les films a avoir traité de la solitude, de l'errance propre aux grandes métropoles. Mais peu arrivent à trouver le chemin pour traiter ce sujet avec toute l'élégance, la délicatesse et...

Lire la critique

il y a 7 ans

7 j'aime

2