Qu’importe le pelage !

Avis sur Zibilla ou la vie zébrée

Avatar Anne Schneider
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On se souvient du beau titre choisi par Erick Zonca pour son premier long-métrage, en 1998, « La Vie rêvée des anges ». On pourrait avoir envie de prolonger pareillement le titre de ce charmant moyen-métrage pour enfants, qui prend sous son aile trois courts ou moyens-métrages, l’un franco-belge, « Tout là-haut » (13 minutes), de Martina Svojikova, et les deux autres franco-belgo-helvètes, « Le Dernier Jour d’automne » (7 minutes), de Marjolaine Perreten, et « Zibilla » (27 minutes), d’Isabelle Favez. Car ce sont bien des animaux angéliques, du moins pour ce qui est des petits héros, qui nous sont présentés, et qui ont plus tendance à rêver leur vie qu’à la vivre banalement.

Qu’importe le pelage, pourvu que triomphent l’accueil et la générosité ! « Tout là-haut » ouvre le bal en une animation de papier découpé aux couleurs pimpantes et présente un jeune girafeau, égaré loin de ses parents dans une forêt occidentale où il se trouve d’abord mal accueilli, notamment par un écureuil amasseur de noisettes et discoureur xénophobe. Mais l’inventivité joueuse et la gentillesse du haut-sur-pattes emmanché d’un long cou auront raison de la mauvaise humeur du rouquin et sauront faire l’unanimité auprès des habitants de la forêt.

Qu’importent le pelage, la carapace, la vitesse ou la lenteur, pourvu que l’on arrive à temps pour se mettre au chaud ! « Le Dernier Jour d’automne », dans de belles teintes délicates et un dessin subtil, imagine une ultime course entreprise par les animaux de la forêt sur toutes sortes de deux-roues, tous plus graciles et fantaisistes les uns que les autres. L’avancée du froid est figurée de manière infiniment poétique par de légers brouillards bleuissants, qui finiront par figer dans les tons froids l’ensemble de la forêt. Mais heureusement, chacun des petits animaux aura réussi à gagner auparavant qui un trou d’arbre, qui un terrier, qui un buisson, afin de passer l’hiver à l’abri des frimas.

Qu’importe le pelage, pourvu que l’emportent l’entraide et la tendresse ! « Zibilla » nous fait découvrir l’héroïne ainsi prénommée, jeune zèbresse adoptée par un couple d’adorables chevaux, suite à la disparition de ses propres parents dans un naufrage. Mais ses drôles de rayures seront problématiques aux yeux de tous les chevaux étroits d’esprit. Heureusement, elle rencontrera un adorable voisin de son âge, Karino, qui ne craindra pas de l’accompagner dans ses aventures. Le joyeux duo secourra ainsi un pauvre cheval déguisé en lion pour les besoins de son emploi dans un cirque et lui permettra d’enchanter son numéro, en renversant tous les attendus, pour le plus grand bonheur des spectateurs. Et Zibilla, réconciliée avec ses rayures, pourra même s’offrir le luxe de se prendre elle aussi pour un lion, mais un vrai, qui fera frémir ses anciens adversaires.

Trois jolies historiettes, aussi joyeuses que joueuses, et conviant les tout-petits à défendre dès leur plus jeune âge des valeurs profondément humanistes.

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