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Alors voilà, Étienne, trente-cinq piges au compteur, l’amour dans le rétro, la trouille au ventre, coincé comme un vieux chewing-gum sous la semelle, le gars qui sait pas dire oui, qui sait pas dire non, bref : l’éternel tiède. Le mec décroche son téléphone, il pense rallumer la flamme de l’enfance, retrouver la princesse perdue… et paf, au bout du fil, Jean-Pat, l’ancien rival, s’écroule comme une vieille armoire normande. Game over, rideau, terminus, plus personne ne descend.
Et là, qu’est-ce qui se passe ? Ben notre Étienne, il voulait rejouer la comédie romantique et il se tape l’enterrement, les fleurs en plastique, les condoléances gênées. Le voilà propulsé croque-mort de substitution, organisateur de deuil malgré lui, le tout avec son bagage de loser tendre qui sait même pas ranger ses chaussettes.
Rouaud, Cécilia de son petit nom, elle met en scène ça avec un sourire en coin, façon Fabcaro sous acide : partir d’une bricole, une blague de comptoir, et dérouler jusqu’à l’absurde majuscule. Ça fuse, ça boite, ça rebondit, mais ça tient. Hakim Jemili en Étienne, il est parfait : maladroit comme une patate chaude, touchant comme un môme perdu dans une kermesse.
Autour de lui, Gustave Kervern, nuageux, traîne-savates, qui balance ses répliques comme des cailloux dans la mare. Valérie Karsenti et Thibault de Montalembert viennent jouer les garde-fous sérieux, mais forcément, tout se détraque. Et nous, spectateurs, on rigole, mais un rire qui coince, un rire qui pique les yeux, parce que derrière la vanne, y a ce vertige : et si la vie, c’était que ça, des hésitations ratées et des occasions mortes ?
Le film te prend par surprise : tu crois à une pochade sur la mort, et tu te manges une déclaration d’amour à la vie. Un truc maladroit, bancal, comme une valse faite avec deux pieds gauches. Mais une valse quand même.
Bref, Adieu Jean-Pat, c’est du comique en apnée, du funéraire joyeux, du pathétique tendre. Et dans ce chaos, une vérité toute simple : même les losers méritent une belle oraison.
Ma note : treize sur vingt.