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181 critiques
Mumbai Sapphire
Ne vous attendez pas à passer deux heures tranquilles en grignotant du popcorn. Vous le savez si vous nous suivez régulièrement (et vous êtes de plus en plus nombreux) chez SCREENTUNE, nous n’aimons...
le 30 avr. 2019
Ça commence par un mélange du Best Marigold Hotel (avec Sonny le maladroit transformé en Arjun le Sikh et le Grand Budapest Hotel avec son chef Hemant, moins charmeur, mais aussi intransigeant sur la dévotion absolue que le personnel doit à ces richissimes clients, dont certains sont tout de même de vrais connards, but 'our guest are gods'. Donc, on vérifie la température exacte du bain de lait aux pétales de roses pour l'héritière friquée, on veille à servir en bouteilles, et non en verres, l'oligarque russe, etc. Mais il y a un autre Dieu qui fait route vers le Taj Hotel, l'Allah pakistanais, qui a chargé de régler son compte aux dieux indiens,
et à celui du $, en qui les USA ont toute confiance.
Entre thriller héroïque, film catastrophe et reconstitution des attentats de Bombay en 2008, on n'a pas le temps de s'ennuyer dans ce chassé-croisé, et chasse tout court, entre les terroristes (comme dans L'assaut, bien cons à souhait) et le troupeau de clients affolés, pris en charge, guidés, sauvés par ceux qui étaient leurs larbins d'hier, et dont beaucoup qui auraient pu fuir, connaissant les lieux, mais qui ont choisi de rester, car 'our guests are gods'. Même si, à la fin, on ne sait plus trop qui est dieu qui est serviteur dans ce tas de chairs sanglantes, suantes, et gémissantes.
Comme le veut le genre, il y a des retournements de personnalités : l'oligarque russe amateur de cognac et de call-girls cache des surprises, sous sa chemise et son cynisme ; tout comme le chef bougon et sévère qui, tel un capitaine de navire en détresse, est un des derniers à partir ; le gentil sikh gaffeur se révèle sauveteur efficace, même si après avoir fait un laïus rassurant pour expliquer à une Karen paranoïaque que non, le turban qu'il n'a jamais ôté ne fait pas de lui un terroriste, mais si ça peut la calmer, il l'enlèvera, et qui finit par l'enlever pour faire un pansement de compression, bref, après tout ça, il ne songe qu'une heure plus tard à se débarrasser les chaussures trop petites qui lui broient les orteils.
L'essentiel du film se passe à attendre les forces spéciales coincées, on ne sait trop pourquoi, à New Delhi et qui, comme le XXe de Cavalerie, vont arriver un quart d'heure avant la fin. En attendant, la foule, les TV du monde entier (avec même CNN qui diffuse en direct la conversation téléphonique d'un client particulièrement con, révélant le salon où il est caché (comme BFM en 2015, à Damamrtin-en-Goële). On suit les progressions hasardeuses des otages de chambres secrètes en cuisines retirées, de cages d'escaliers en placards, cherchant à sortir de ce labyrinthe hôtelier, tandis que les terroristes font de même, en tâchant d'en dégommer le plus possible. Et, à chaque instant, le choix torturant : qu'est-ce qui est le plus dangereux ? Sortir ? Continuer de se cacher ? Ouvrir la porte ? Qui est derrière, les secours ou les assassins ?
Pour finir, les terroristes meurent (mais pas leur chef, bien planqué au Pakistan), l'hôtel ressuscite quelques mois plus tard, et les survivants, les guests our gods comme le personnel, tous fêtent la seconde inauguration du Taj. Les affaires reprennent ainsi, dans un palace cerné par des taudis. Espérons que les clients, cette fois, seront plus accommodants avec le staff.
En résumé, un bon film d'action, un hommage aux domestiques dévoués, mais pas une once de réflexion politique. Juste un bon moment de cinéma, et les terroristes auraient pu tout aussi bien être remplacés par le feu comme dans La tour infernale, un tremblement de terre comme dans Earthquake ou une attaque de Godzilla.
Créée
le 3 janv. 2026
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