Aya et la Sorcière
4.5
Aya et la Sorcière

Long-métrage d'animation de Gorō Miyazaki (2020)

Mais que c'est laid. Où est donc passée la poésie visuelle des dessins de Miyazaki ? Certes, il ne s'agit que d'un téléfilm jeunesse sur son propre territoire, mais allez savoir pourquoi, en France nous allons diffuser sur grand écran cette bouillie immonde de dessins numériques en relief... Ou comment prendre rendez-vous chez l'ophtalmo dès la sortie de salle. Mais si la catastrophe ne s'arrêtait qu'au visuel, on pourrait encore y trouver son compte, sauf qu'elle continue avec un scénario des plus vides. Une version de Kiki la petite sorcière (ils ont même repris le chat...) sans aucun enjeu : sur une heure trente, on voit une gamine qui coupe de l'herbe et qui balaye... "Passionnant". Miyazaki ne nous a pas habitués à des scénarios aussi creux. Ce n'est pas la famille adoptive magique qui va sauver l'intérêt du film, car elle n'utilise que très peu sa capacité fantastique dans le récit (forcément, cloîtré dans une maison...). On n'aura donc à se mettre sous la dent qu'une unique scène de magie, à la fin, qui casse complètement avec le reste du film :


le démon devient géant et brûle la baraque, la sorcière a deux bras supplémentaires, Aya traverse les murs "grâce à une chanson"


... On s'est demandé : "Mais c'est quoi, ce délire ?!". Ce n'est pas tant le côté "fantastique un peu foufou" qui dérange, mais le fait que tout est concentré en quelques minutes, après une heure où il ne s'est rien passé, donc cette scène semble carrément à côté de la plaque (alors qu'elle représente l'aventure palpitante que l'on venait chercher). La musique n'arrange rien en semblant se chercher elle-même : un peu de country, un peu de rock, un peu d'orchestre, selon l'envie... Quant à Aya, elle est une "Kiki" bien antipathique, très (trop) sûre d'elle et toujours à parler pour ne rien dire (avec quelques expressions faciales excessives qui soulent : lorsqu'elle semble s'étouffer pour montrer qu'elle rigole, quand elle tire la langue sans raison... Vraiment, on n'a pas adhéré à ce personnage). On revient quand même sur le design si lisse qu'il est à présent possible de caresser le chat à rebrousse-poils, et pour cause : le chat n'a plus de poils. Toutes les textures sont devenues tellement lisses qu'elles ne ressemblent plus à rien, alors leur demander en plus d'intégrer un soupçon de la poésie que l'on a connue par le passé chez un Miyazaki... Un ratage complet, qui nous promet une suite (par pitié : non... Refaites plutôt comme avant), et dont le design se situe approximativement entre atroce et ignoble.

Aude_L
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le 24 juin 2021

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