Baise-en-ville
6.6
Baise-en-ville

Film de Martin Jauvat (2025)

Trois ans après le Grand-Paris, Martin Jauvat nous montre dans son Baise-en-ville qu’il cache bien plus qu’une poignée de blagues et de couleurs.


La force de Martin Jauvat, c’est celle du décalage. Mais pas celui d’un Dupieux qui vient disrupter un univers déjà biscornu, plutôt à la manière de Benoit Forgeard, qui vient articuler son film autour de la mécanique du rire. Le comique découle naturellement de l’univers de Baise-en-ville, plutôt que de tenter de faire rire par le cassage du rythme ou de la vraisemblance.!


Paris, Paris, on t’exclue


Dans la droite lignée de son travail sur Grand Paris (2023), Jauvat continue de cartographier le périurbain parisien. Une formulation presque utilitaire de la banlieue, loin des clichés habituels. Le titre-même du film découle de cet imaginaire banlieusard, au sens large. La ville Parisienne devient un élément externe au film. Omniprésente par la centralisation, elle fait graviter les moyens de transports et les habitants dans une logique presque rapetissante, mais pas rabaissante, du rythme de vie hors du cœur urbain. Mais, là où Martin Jauvat joue de ces codes et s’en amuse, c’est qu’il fait d’éléments communs un sursaut comique, mais pas tragique.


La vie nocturne existe évidemment, même en dehors des limites de la grande ville. Et, plus intéressant encore, la vie nocturne comme la vie diurne n’existent non pas comme ersatz tristes de celles de la ville, mais comme un écosystème avec ses propres codes, son énergie et, d’autant plus marquant, ses propres couleurs.


Car, de couleurs, le film ne manque pas. En effet, le rose est omniprésent, de l’auto-école et sa voiture jusqu’au polo de Sprite, il marque par son aspect kitsch. Ce n’est pas tant une couleur narrative, ni un marqueur caractériel, mais bien une facette de l’identité de Baise-en-ville. Au-delà du rose, le film se couvre de teintes flashy, qui ont ceci de remarquables qu’elles ne sont ni dépréciatives, ni spécialement joyeuses. Elles mettent en valeur des éléments banals, aussi banals qu’une auto-école, ou qu’une agence d’assurance.


Critique de Antoine à lire sur https://cineverse.fr/baise-en-ville-martin-jauvat-avis-critique/

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le 10 janv. 2026

Modifiée

le 30 janv. 2026

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