Bon, je ne céderai pas au piège qui guette tout critique : pour palier son manque d'inspiration parler de l'auteur du film et de sa vie, mais non, mais il s'agit ici de commenter le documentaire de Jean-Michel Meurisse, réalisateur et non le globe-trotter écrivain !
Dans cette biographie, il y a du bon et du mauvais... Le bon, c'est d'avoir parlé de Cendrars car en son temps, il n'a jamais défrayé les chroniques en matière de relations publiques : il était méconnu, à juste titre ou non, je n'arbitrerai pas et lorsqu'on lui a rendu hommage, c'était bien tardif : Cendrars était grabataire ! Et puis cette histoire disposait d'un documentaliste éclairé car on voit de nombreux enregistrements cinématographiques et sonores d'époque ! Je ne connaissais pas la voix de l'écrivain...
Par contre, Meurisse a voulu jouer les petits "Jean-Christophe Averty" en nous servant du rata d'image qui n'a rien à faire dans l'évocation sérieuse et respectueuse d'un romancier : ce n'est pas la sauce-réalisateur qu'on veut voir, c'est une biographie, neutre et sans chichis ni flagorneries ! Et exempte de tout peinturlurage pseudo-artistique : n'est pas Dali, Picasso ou Averty qui veut ! Donc exit ces pitres-danseurs, cet iceberg émergé qui s'effondre...Nul.
Le réalisateur aurait-il dû meubler pour tenir les 55 mn ? Et puis la bande-son est infecte, consternante, et pour tout dire agaçante ! Aurait-on fait l'économie d'un ingénieur du son ? Car même les enregistrements d'époque sont plus mauvais qu'un vieux 78 tours rayé et crachotant !
Sans nuire à l'enregistrement lui-même, l'informatique a permis des miracles es qualité acoustique et de perpétuer une oeuvre : on peut la dépoussiérer comme on le fait d'une toile de maître. C'est ainsi que je n'ai pas tout compris des propos à la voix nasillarde tenus par Cendrars, qui eussent gagné à être plus audibles, sinon traduits en sous-titres...
Et puis, à moins d'avoir (aussi) mal-entendu : on me dit à un moment que Romane a été durant toute sa vie la femme dévouée de Cendrars, et a vécu à ses côtés une vie toute platonique alors qu'in-fine on nous révèle que le brave homme avait une fille ? Va comprendre ? Encore le saint-Esprit ?
Bref, au terme de cette découverte, j'ai eu l'impression d'un travail brouillon, à la limite bâclé. Le romancier méritait mieux !
Arte le 26.10.2018