Un film surprenant ; une petite pépite du cinéma indy US, avec pourtant un scénario assez basique. Par hasard deux quadra, anciens amoureux au collège, se retrouvent dans un supermarché à faire leurs courses. Ils ne s’étaient par revus depuis l’uni , ils vont prendre un café, se raconter leur vie respective, c’est le temps de la nostalgie. Sujet bateau, mais magnifiquement traité par le cinéaste Alex Lehmann grâce à un ton très fin, très délicat, mélangeant humour ,tendrresse, nostalgie et tristesse. C’est un thème qui peut parler à chaque individu, et chacun y retrouvera des moments de ses amours passés, de jeunesse et de son insouciance. Cela rappelle un peu le cinéma de Noah Baumbach.
Le noir et blanc, une très belle image , de superbes plans , rajoute à ce climat de nostalgie . L’actrice Sarah Paulson est épatante , pleine de charme, lumineuse et superbement éclairée, comme dans le grand cinéma Hollywoodien, elle tourne aux USA mais elle n’est pas très identifiée en Europe, et je ne l’avais pas remarqué, ,très envoutante et sensuelle. Mais je l’ai adoré. De très belles scènes de danse, d’impro, de sketches, de tendresse entre les deux ex.amants..
Et puis dans le dernier quart d’heure on bascule dans un autre film car on découvre le pourquoi, la raison, de leur rupture il y a 25 ans, et là on passe à un autre niveau : pesant, dramatique, dense, profond, touchant.
La souffrance émerge, c’est violent, surprenant, inattendu, mais très beau. La scène finale, sorte de rédemption, est un pur moment de grâce, de profondeur, on est touché. C’est aussi un grand film sur la fatalité, sur la destinée, comment tout peut basculer ; les routes que l’on croise et qui modifient nos destins à jamais , ou pour toujours . Magnifique exercice de style de Alex Lehmann et Mark Duplass, au scénario.