Avant que l'enfant paraisse
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En regardant Des preuves d'amour, on pourrait croire que la France de 2015, au lendemain de l'adoption de la loi sur le mariage pour tous, est un pays qui a éradiqué l'homophobie de ses rues. Le seul accroc que rencontrera ce couple lesbien trentenaire en gestation sera un homme dans un bar. On penserait plutôt à la France d'aujourd'hui que celle d'il y a dix ans, dans le film d'Alice Douard. Mais l'homophobie se trouve ailleurs, dans la loi directement qui, si elle autorise mariage et adoption, interdit la PMA. Voilà l'hypocrisie, sur laquelle le film n'insiste pas, cependant : en effet, Des preuves d'amour ne cherche pas le conflit, mais la complicité et l'union, avec beaucoup d'humour, de tendresse et de crises de nerf d'une étonnante justesse. Certaines scènes, celle chez le jeune médecin notamment, pourraient devenir cultes, tant l'écriture y est chirurgicale.
Dans son ton, le film se rapproche d'Away we go, de Sam Mendes, dans lequel un couple, hétérosexuel cette fois, s'apprêtait à mettre au monde un enfant et se préparait à cet heureux événement en allant consulter des amis et des proches, pour se préparer, avec la peur constante de ne pas être prêts à temps.
Une question qui revient souvent ici est celle-là : "Vous êtes prêtes ?". Mais elle se pose également et discrètement à l'ensemble de la société : est-elle prête à accueillir des enfants nés et élevés par des couples homosexuels ? Les questionnaires médicaux, eux, ne sont pas prêts, les expressions et abus de langage non plus, tout ça n'est pas prêt et devient matière à rire et à soupirer d'un amusement blasé. Oui, l'air de rien, sans le crier, le film montre que la France est encore homophobe. Mais elles, ces deux jeunes femmes (Ella Rumpf et Monia Chokri - difficile d'ailleurs de ne pas penser à Simple comme Sylvain dans le genre d'humour convoqué ici), si belles ensemble, elles sont prêtes à relever le défi. Comme crieraient les filles de la Mutinerie dans La petite dernière : "Vive les lesbiennes!".
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il y a 7 jours
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