Virevoltant et flamboyant, violent et émouvant, voici les premiers mots qui me viennent à l’esprit après avoir vu le dernier film de Jacques Audiard. Du cinéma d’émotions, enfin dirions-nous dans le marasme actuel des sorties ciné. Emilia Pérez est porté par des comédiennes sensationnelles avec notamment une exceptionnelle Zoe Saldana. Son jeu évolue tout le long du film au diapason du parcours de Rita qu’elle incarne à l’écran. Avocate ambitieuse mais dans l’ombre de son mentor au début, elle rayonne ensuite et se découvre l’âme d’une défenseuse des opprimés, ici les familles Mexicaines à la recherche des membres de leurs familles enlevés par les cartels locaux. Elle met toute son énergie au service de son personnage avec des numéros chantants et dansants époustouflants. Oui par ce qu’on chante et on danse dans Emilia Pérez, qui n’est pas une comédie musicale classique mais plutôt un drame social qui fait penser à Annette de Leos Carax dans l’utilisation des dialogues chantés. Ce parti pris peut surprendre au départ, est un peu casse gueule comme la scène de la clinique, mais se révèle gagnant au final. Jacques Audiard aime prendre des risques, et pour cela merci !