En Fanfare ne donne pas matière à faire couler des litres d’encre. C’est un produit formaté qui ne dépasse jamais du cadre et suit le chemin balisé du genre “individu en difficulté s’en sort par l’art grâce à une main tendue” en le transposant sur un musicien prolo des Hauts de France (où la seule diversité affichée se fait par le handicap mental, pas par la couleur ou la sexualité - pas une critique, juste une remarque cocasse).
Alors oui, on évite certains poncifs du genre, et dans un souci de réalisme on évite le trop mielleux, les succès invraisemblable et le happy ending. Ce qui le place un cran au-dessus de ses comparses. Mais on a la dispute, le point commun inattendu sur lequel tout va se bâtir, l’échec dont on se relève plus fort, la fausse trahison des fidèles alliés, le refus de la main tendue, et tout le toutim que l’on a déjà vu mille fois.
Mais bon, Pierre Lottin et Benjamin Lavernhe portent bien le film, les quelques blagues font sourire, et la conclusion qui se suspend dans un ultime moment de grâce et de joie suffisent à faire passer la pilule pour un film passe-partout vite oublié, et qui a le bon goût de ne pas juger le bourgeois comme le prolo, mais seulement de traiter des illusions d’un autre possible.