Déjà auréolé de nombreux succès en ce milieu des années 70, le poliziesco italien manquait encore de véritable héros. Un personnage charismatique, en marge des institutions qui pour lutter contre l'insécurité grandissante, est obligé de passer outre les ordres et les conventions sclérosées par une politique laxiste.
Ce personnage prendra enfin forme sous les traits de Tomas Milian qui incarne ici pour la première fois, le fameux maréchal Nico Giraldi. Un policier anti-conventionnel à la garde robe improbable qui à la tête de la brigade anti-vol, va faire la chasse aux petits malfrats qui sévissent à chaque coin de rue. Décontracté, blagueur, dragueur, Nico est avant tout un flic déterminé qui n'hésite pas à user des mêmes méthodes que les bandits qu'il traque comme en témoigne cette scène où des civils l'agressent le prenant pour un voleur. A la fois flic et voyou, ce personnage connaitra un tel triomphe que Tomas Milian l'incarna pas plus de 11 fois à l'écran avec un succès toujours aussi conséquent.
Ce "Flic en Jeans" (Squadra Antiscippo, titre original) inaugure donc cette longue série autour d'un script des plus classiques destiné à mettre en avant dans un premier temps, le charisme et l'humour de notre héros de flic avec une succession de scènes de bagarres et d'arrestations, parsemée de bons mots tout à fait plaisants. La réelle intrigue démarre après plus de 30 minutes de film avec le vol malencontreux d'une valise contenant 5 millions de dollars à un diplomate américain corrompu (incarné par un Jack Palance venu ici en touriste) par une bande de petites frappes. Giraldi va ainsi se retrouver au coeur d'un véritable règlement de compte.
Une intrigue simple qui va faire la part belle aux scènes d'actions. Entre coups de poings, poursuites et fusillades, les amateurs du poliziesco ne seront pas déçus. Corbucci, certainement conscient de la pauvreté de son scénario, consacre toute son énergie à soigner sa mise en scène lors de ces scènes particulièrement haletantes et réussies, négligeant au passage, le début d'une romance parfaitement inutile entre Nico et une jeune femme qui n'apporte finalement rien au récit.
Bruno Corbucci, frère de l'illustre réalisateur de westerns et comédies transalpines, Sergio Corbucci, signe donc un western urbain agréable à regarder, tourné essentiellement vers l'action qui malgré un scénario des plus banals, reste à la fois rythmé et amusant, introduisant parfaitement la suite des aventures de Nico Giraldi.