Entre les jardins de Mme Montaigu et M. Capulet se livre un duel sans pitié. Car en effet, à l’image de leur propriétaire, les nains de jardins de chaque maison se détestent mutuellement, et ne se privent pas de le montrer dès que les deux voisins ont le dos tourné. Mais les choses vont se compliquer lorsque le nain bleu Gnoméo tombe amoureux de la belle Juliette, dont le seul défaut est d’appartenir au clan des nains rouges…


Revisiter Roméo et Juliette au prisme de Toy Story, c’est le défi qu’a relevé Kelly Asbury, réalisateur issu de Dreamworks (on lui doit notamment Spirit, étalon des plaines et Shrek 2) qui a échoué aux manettes de cette production Disney déguisée, car produite sous le label Touchstone Pictures, filiale du studio aux grandes oreilles.
Du classique de Shakespeare, les scénaristes ont conservé la trame globale, mais on ne cherchera évidemment pas une trop grande fidélité à l’esprit de la pièce. L’influence lointaine de Pixar, elle, est davantage présente, et s’il manque évidemment la patte inimitable du studio à la lampe, on retrouve à peu de choses près la même jubilation à la découverte d’un monde auquel les créateurs n’oublient pas de donner une certaine crédibilité par un louable soin du détail.
En outre, le film d’Asbury bénéficie de graphismes de très haute qualité, rendant ses personnages et ses décors fort agréables à regarder, n’ayant pas à pâlir sur ce point de la comparaison avec les autres studios. De Pixar, en revanche, on ne retrouve pas la subtilité, et il faut avouer que, si l’humour fait souvent mouche, Gnoméo et Juliette brise régulièrement ses effets comiques sur l’écueil de la référence lourdingue. C’est en revanche avec un plaisir non dissimulé que l’on s’amuse devant les nombreux parallèles à l’œuvre de Shakespeare, ainsi que devant la manière dont les scénaristes se plaisent à lui tordre le cou tout en suivant de loin son récit. Il est toutefois regrettable que le scénario recule devant l’ultime audace scénaristique de Shakespeare, renonçant au dernier moment à faire mourir ses deux personnages principaux, alors que leur disparition se serait intégrée de manière tout-à-fait logique au scénario, et que les scénaristes avaient largement la capacité d'aborder cette double mort sans ridicule.
Cela n’empêche toutefois pas de rire de bon cœur à ce divertissement sans prétention, qui nous offre en outre une bande originale très réussie, alternant avec bonheur les chansons d’Elton John (malgré l’inutilité flagrante de plusieurs d’entre elles) et la partition comme toujours excellente du grand James Newton Howard. A noter que le casting vocal américain, constitué de grands noms (Emily Blunt, James McAvoy, Maggie Smith, Michael Caine, Jason Statham, Patrick Stewart) rend la vision du film en version originale obligatoire.

Tonto
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le 17 nov. 2017

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Tonto

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