Entre le monde des vivants et des morts, la tragédie se noue selon les codes fantastiques de la culture japonaise. Référence aux histoires de fantômes, la narration assez théâtrale du récit entrecroise passion mortifère, trahison, déshonneur, appât du gain, meurtres et vengeance. Aux confins du réel et du surnaturel, hallucinations ou apparitions spectrales viendront hanter les coupables. Inspirée par le kaidan-eiga, la figure féminine qui revient de l’au-delà pour réclamer justice, met en exergue la place des femmes dans la société féodale japonaise.
Le film est une adaptation de la pièce de Tsuruya Namboku appelée « Yotsuya Kaidan ». Elle se déroule comme un conte de fantômes autour de deux sœurs, Oiwa et Osode. L’histoire est construite sur les actes cruels et meurtriers de Tamiya Iemon, le mari d’Oiwa. Le personnage d’Iemon est également connu comme un rôle typique appelé iroaku "bel homme méchant". Après la mort de Oiwa, le fantôme de cette dernière, tourmentera Iemon. Ce spectre partage la plupart des traits communs de ce style de fantôme japonais, y compris la robe blanche représentant le kimono d'enterrement qu'elle aurait porté, les longs cheveux loqueteux et le visage blanc/indigo qui désigne un fantôme dans le théâtre kabuki.