Pour contextualiser un minimum la chose, « Homestead » est une production d’un studio bien particulier : Angel Studios. Fort de la vague de film chrétiens qui ont cartonné aux États-Unis il y a une bonne dizaine d’années comme, pour n’en citer qu’un, « I can only imagine » avec Dennis Quaid. Cela a donné l’idée à des producteurs de créer cette structure qui se consacre uniquement à des films porté par des valeurs religieuses chrétiennes très fortes, peu importe le genre. Et on pourrait également avancer que ce sont des œuvres aux propos comme à la morale flirtant parfois avec le réactionnaire. Le plus connu du studio est sans aucun doute le thriller polémique « Sound of Freedom », faussement taxé de complotisme pour faire le buzz alors que pas tout mais film véritablement dispensable.
On se dit avec indulgence et pour laisser une seconde chance à ce studio qu’on va en tenter une autre de ces productions pour voir à quoi ressemble un autre film de chez Angel Studios. Voilà donc « Homestead » avec son postulat de film mêlant action et drame dans un contexte postapocalyptique, un sujet qui avait l’air relativement intéressant. Et, en effet, le début est plutôt réussi avec la bombe sur Los Angeles qui pose les bases d’un film de tension survivaliste. Puis, plus le long-métrage avance, plus il devient ennuyeux, mal écrit et surtout déplaisant avec toute sa propagande religieuse assénée de manière tout sauf délicate.
Les acteurs méconnus, plus ou moins justes, se partagent des séquences qui finissent par tourner en rond. Les sous-intrigues avec les couples qui doivent rejoindre la fameuse résidence du survivaliste ne servent finalement à rien ou ne sont pas développées comme il faut pour donner une impression de rouage nécessaire à l’intrigue. Le côté huis-clos sous tension est complètement anéanti par les ressorts dramatiques qui ne touchent jamais un seul instant et sonnent faux. Et si on pense que le début et la raison de cette fin du monde civilisé va être expliquée à un moment et bien pas du tout, à se demander ce que ces pêcheurs tamouls faisaient avec une bombe atomique sur un bateau de fortune sur les côtes de Los Angeles : ridicule.
Et si « Homestead » est plutôt bien mis en scène, on dirait parfois un pilote de future série télévisée où on pose les bases de quelque chose mais où il ne se passe rien. Et quand vient la dernière ligne droite, le script lance ses plus grosses cartouches de propagande chrétienne à base de foi et de miracle avec plans en mode rayons de soleil qui traverse les personnages. C’est très compliqué pour le spectateur athée ou religieusement modéré... Alors si on se lance dans ce genre de film, un conseil : soit on est très fervent croyant et ça peut toucher et charmer, soit on ne l’est pas et ça passe ou ça casse. De notre côté, on ne s’aventurera plus à regarder ce type de films très (très) américain tendance républicain extrême.
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