Autant le dire de suite, ça fait un choc de voir Clooney dans un film qui aurait très bien pu être parrainé par l'UMP. J'exagère un peu mais voilà encore un exemple de film au pitch pas une seule seconde exploitée pour autre chose que pour un côté romantique à la con.

En gros, on se retrouve avec une vraie pourriture dont le job est d'annoncer le licenciement de personnes en lieu et place de DRH trouillards. Sans véritable plaisirs, il ne s'agit pas d'un personnage sadique, mais surtout typiquement "homme pressé". Un gars qui accumule les miles, qui vit dans les terminaux et qui en est fier. Il va rencontrer une gonzesse, se la farcir, puis son entreprise lui mettra une nouvelle venue entre les pattes pour lui apprendre le métier sur le terrain.

Mais comment peut-on espérer d'un publique une quelconque empathie pour ce personnage ? Très vite, on se rend compte que son job répugnant sera mis de côté au profit du sujet de sa vie factice. Mais OSEF de savoir s'il est heureux ou pas de tirer son coup dans un hôtel avec une femme (la très belle Vera Farmiga) ou de savoir qu'il est une ombre pour sa famille. Que toute cette merde lui saute au visage, mais tant mieux pour sa tronche zut ! Je ne veux pas assister à la prise de conscience qu'il rate sa vie privée, je veux savoir comment fait-il pour se regarder dans la glace chaque matin, et ce sujet est totalement absent. Le mot n'est même pas "superficiel" mais "abject".

Le pire survient à la fin. Mais là attention, quand je dis "pire" c'est que j'ai regardé la personne avec qui j'étais en me demandant si j'allais pas lui dire "écoute j'me barre là". Donc on assiste, bouche bée, au retour à l'écran de pas mal de personnages "fired" tout au long du film et qui avait laissé exploser leur désarroi. Ils reviennent pour dire : "je me suis tout à coup rendu compte que le plus important est ma famille" et autres conneries. Merde quoi, si ce petit --- derrière sa caméra avait vu le visage de mes ex collègues, des gens très simples et qui en ont pris un méchant coup et qui sont toujours dans la mouise, aurait-il tenu le même discours ? Que ça aille mieux, oui. Mais en qu'on te dise "le licenciement n'est pas si grave que ça" mais WTF !!

Bon, côté fondamental on aura compris : ça sent pas bon. Mais heureusement, c'est plutôt bien foutu dans les autres domaines. Bien rythmé, des gags plutôt drôles et une bonne interprétation. Mais bon, c'est vicié par le message automatiquement.
Bavaria
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le 3 mai 2010

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