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Puisque l’exposition d’Indy est désormais une franchise, autant jouer avec les attendus. L’ouverture de La Dernière Croisade est ainsi un bel exemple de malice, piégeant le spectateur sur l’identité du personnage éponyme qui se révèle non pas l’archéologue pilleur de tombe, mais le justicier en herbe qui va vouloir restituer à qui de droit la précieuse relique exhumée.

Dans une folle poursuite séminale, les ingrédients fondateurs de la mythologie seront ainsi disséminés de wagons en wagons, sur un train lancé à vive allure, boite à merveilles dans l’univers du cirque occasionnant les trouvailles les plus folles, de la magie aux animaux ; après l’hommage à la comédie musicale du Temple Maudit, Spielberg paie son tribut à Chaplin et son inventivité légendaire, avant de lorgner du côté du western, notamment dans la rivalité d’un Harrison Ford parvenant, à dos de cheval, à contrer les tanks des nazis.

Pour l’instant, il s’agit donc de placer les accessoires fondamentaux de la figure : le fouet, le chapeau, la phobie des serpents et ce gimmick qu’on retrouve depuis L’Arche Perdue, à savoir que l’archéologue, en dépit de sa victoire, repart toujours les mains vides.

Ce troisième épisode renoue agréablement avec l’esprit du premier, oubliant les délires baroques du précédent pour se reconcentrer sur des thématiques plus archéologiques. Deux idées fondatrices viennent relancer la machine : la quête du Graal, de Venise au Moyen-Orient, en concurrence avec des nazis plus retors et motivés que jamais, et surtout l’irruption de la figure paternelle en la personne de Sean Connery. Le duo formé avec Jr. fonctionne à merveille, source d’un comique efficace et gratiné, qu’ils se partagent la même traîtresse nazie ou proposent une certaine divergence dans les moyens à déployer pour éviter de nombreuses occasions de trépasser.

La dynamique habituelle n’est pas en reste, et c’est dans une alternance intelligente entre la tradition (cheval, bateau, hélices létales, balles et flammes) et la diversité (side-cars, zeppelin, chenilles de tank) que la jubilation se déploie. Des falaises autrichiennes aux autographes d’Adolf en personne, Indy marque l’histoire, jusqu’aux origines du Nouveau Testament. Enlevé, brillamment écrit, La dernière croisade est sans doute le meilleur épisode de la saga, et aurait dû tenir compte du premier terme de son titre pour s’achever sur un paroxysme.

(8.5/10)

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6 commentaires

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