Inland empire fait un peu figure de retour aux sources. Parti de Eraserhead, Lynch boucle sa filmo comme il l'avait commencé. De façon expérimentale. Opaque au possible, développé sans scénario, filmé de façon délibérément rudimentaire, Inland empire fait, en comparaison, passer les films précédents pour des modèles de simplicité et de clarté scénaristique. Plus que jamais, chercher à comprendre apparaît ô combien futile.
La première heure est très prenante avec ce remake d'un obscur mélo façon Douglas Sirk que personne n'a jamais vu, et qui serait porteur dont on ne sait quelle malédiction. Ça part en sucette dans une seconde partie qu'on imagine en Europe de l'Est. Ça finit sur les trottoirs cradingues de Hollywood Boulevard. Et au milieu de tout ça, il y a des lapins.
Si à l'arrivée, Inland Empire s’inscrit dans la continuité de Mulholland drive, vu qu'il a aussi pour cadre l'industrie du cinéma, c'est largement plus déroutant et difficile à suivre. Ce qui est quand même balèze. Mais si ça reste de très haute volée, comme on se perd vraiment dans l'intrigue sans réussir à raccrocher le moindre wagon, on n'atteint pas les sommets des films juste avant. Donc à l'issue du film, on est à la fois très satisfait mais, pour être parfaitement honnête, aussi un peu déçu. Parce que même s'il y a beaucoup, on attendait sans doute encore davantage.