http://youtu.be/754sRFIHIrA (note le chat sur la pochette)

Ça commence comme une chanson qui prend son temps. Avec une guitare, une voix et des silences. Une chanson qui raconte la vie d'un type. Une chanson folk pour dire la vérité.
Une vie qui ne sourit pas. Un habitué des trains qui passent sans qu'il soit du voyage ou qui saute en marche croyant être arrivé à destination. Celui qui est arrivé trop tôt ou qui se pointe trop tard. Le gars qui opte plus souvent qu'à son tour pour la capote défectueuse, celle avec un trou. Ce type qui a une étoile juste bonne à laisser filer, sous son nez, les coups de pouce du destin. Fichu destin.

Un type qui sourit pas non plus. Pas parce qu'il fait la gueule mais parce qu'à quoi ça sert ? Comme pour te dire : « Je suis comme ça, c'est à prendre ou à laisser. Si ça te va, tant mieux, je dors dans ton canapé. Si ça ne va pas, tant pis, me voilà reparti ».

C'est construit comme une chanson aussi. Avec des couplets qui reviennent comme reviennent les canapés squattés, des refrains comme ce chat qui est la seule chose qui fait courir et même un pont, comme un bol d'air avec cette escapade à Chicago. Et ça finit comme ça commence mais en mieux. Comme une pure chanson folk.

Et ça parle à qui ?
À ceux qui aiment les chats.
Aux gens qui ne savent pas mettre de capotes.
À ceux qui ne savent pas reconnaître un chat d'une chatte.
À ceux qui se demandent comment on fait pour faire passer des meubles dans des couloirs aussi étroits.
À ceux qui veulent voir l'ombre de Bob Dylan flotter sur une œuvre en l'apercevant à peine.

Et puis, comment dire, en ces temps moroses et pas seulement cinématographiquement parlant il est doux de voir un film s'attarder sur un petit bonhomme qui voit sa vie lui passer sous le nez sans se moquer de lui. Sans en faire une victime ou un putain de terroriste. On savait les frères Coen doués pour ça et ça continue.
Longue vie à ces gus. Faut qu'ils vivent longtemps mon pote parce que sans eux, tout va nous paraître tellement plus pathétique, plus froid, tellement plus long.

Un film qui me parle, qui me chante et puis c'est tout.



Djieke.

(qui s'en va bosser un peu ses gammes de blues. Ça fait jamais de mal).
DjeeVanCleef
10
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Cet utilisateur l'a également mis dans ses coups de coeur et l'a ajouté à ses listes Top 10 Films et Moi, j'aime la Coen.

Le 16 novembre 2013

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