Echaudé par la trilogie Jurassic World imaginé par Colin Trevorrow, j’avais beaucoup d’espoir en ce nouveau film promettant un nouveau démarrage avec, cette fois, un réalisateur de qualité, Gareth Edwards, et le retour du scénariste originel, David Koepp.
J’ai apprécié cette Renaissance, bien plus dans l’esprit de la trilogie Jurassic Park. Bien sûr, nous pouvons pester sur une histoire trop simple proposant des facilités (l’horrible introduction notamment) et le retour d’hybrides ayant fait tant débat dans la trilogie World mais l’essentiel est, pour moi, ailleurs.
Comme dans les films originaux, l’écriture se veut directe, divisée en quatre actes bien définis (eau, terre, air, industrie), et propose une aventure référencée à nombre de production Amblin, alliant atmosphère sérieuse mêlant danger, mystère et science, agrémentée de quelques touches humoristiques sans en faire de trop. Les multiples égarements de Trevorrow sont quasiment oubliés : ce film pourrait même être un cinquième opus à quelques corrections prés.
Rien de bien original ? Certes, mais la mise en scène de Edwards va magnifier le film. A travers les splendides paysages de la Thaïlande, le réalisateur sait filmer les dinosaures et leur rendre justice. Tous les fans de ces créatures seront comblés. Mosasaure, tyrannosaure, titanosaures et autres quetzalcoatlus, les reptiles de Renaissance sont traités comme des vrais animaux avec des comportements crédibles, qu’ils agissent en solitaire ou en groupe, bien loin des dinosaures humanisés du Monde d’après prêts à sauver l’invulnérable Chris Pratt en toute circonstance. Chacune des espèces principales possèdent un temps de présence à l’écran généreux, grâce à un montage et à un cadrage qui prend le temps, et laisse même la place à la contemplation et à leur comportement imprévisible. Mention spéciale la scène du troupeau de titanosaures portés par la musique originale de John Williams qui m’a fait replonger dans mes souvenirs d’enfance.
Aucun film ne pourra susciter la même émotion et l’émerveillement du premier Jurassic Park. Jurassic World Renaissance a néanmoins le mérite de faire un saut qualitatif après de longues années de descentes aux enfers. Le plaisir est revenu. Cela me donne l’espoir d’une nouvelle trilogie qui se tient, avec le retour de quelques personnages attachants, puisqu’il me semble que certains éléments présentés (les hybrides et la maladie évoquée) possèdent du potentiel à un développement futur. J’ose imaginer que cette Renaissance ne soit finalement qu’une grosse introduction…