Pour les adeptes de dinosaures et de mission pas évidente...

Jurassic Park fait partie des films qui m’ont le plus marqué depuis que j’ai découvert le plaisir des salles obscures. Je garde un souvenir puissant du moment où je l’ai vu en salle il y a plus trente ans maintenant. Depuis, je garde une affection toute particulière pour cette saga. La perspective de croiser des dinosaures n’a jamais cesser de me faire rêver. J’ai donc accueilli avec enthousiasme l’apparition en salle de Jurassic World Renaissance sublimée par la présence Scarlett Johansson au casting !


Le début de l’histoire nous présente une société blasée par les dinosaures. Le fait d’en voir un perdu en ville ne provoque plus aucun émerveillement. Les automobilistes sont juste agacés par le fait que la bestiole crée un embouteillage ! Les grandes bêtes ont en effet disparu d’une grande partie du monde. Elles se sont rassemblées sur certaines îles proches de l’équateur, seuls endroits dont le climat est propice à leur survie.


L’enjeu du film est extrêmement simple. Une entreprise pharmaceutique souhaite mettre au point un médicament pour soigner les maladies cardiaques. Pour cela, il est nécessaire de faire des prélèvements sur les trois plus gros dinosaures vivants. Dans cette optique, une mercenaire et un scientifique sont recrutés pour mener une équipe capable d’effectuer ces prises de sang…


Le petit groupe qui va se retrouver sur cette île répond aux codes classiques du genre. On retrouve le méchant capitaliste, le scientifique idéaliste, la famille égarée et des mercenaires non dénués de valeurs. La caractérisation des personnages est effectuée très rapidement. À aucun moment, le manichéisme de l’ensemble n’a semé le moindre le doute quant au statut de chacun. Qui est gentil ? Qui est méchant ? Les réponses à ces questions sont évidentes et immédiates pour chacun des protagonistes. Disons que ce n’est pas ici qu’il faudra chercher l’émergence d’un suspense quelconque !


Le cadre de l’intrigue est familier. Il s’agit d’une ile tropicale à la végétation luxuriante. Il y reste quelques bribes d’une installation humaine datant de plusieurs années. Elle est évidemment remplie de dinosaures en liberté. On y retrouve donc des sensations familières et agréables. En effet, on retrouve la peur de voir surgir une grosse bête méchante au détour d’un fourré ou d’un tronc d’arbre. Je vous avoue que j’étais heureux de retrouver cette ambiance à la fois angoissante et fascinante. J’admets aisément qu’on puisse regretter l’impression de déjà-vu qui accompagne les pérégrinations de ce groupe dans ce décor familier. Néanmoins, le plaisir des aventures à venir l’emporte à mes yeux sur ces réserves légitimes.


Le découpage du scénario est simple voire simpliste. L’introduction est faite très rapidement. Les trois dinosaures à trouver se trouvent dans des espaces différents : la mer, la terre et les airs. Cela offre donc trois missions qui s’enchainent naturellement et de manière quasiment distincte. Ensuite, se pose la question de quitter les lieux avec la sensation du travail bien fait. Tout cela est donc linéaire. Concernant le suspense, il est réduit par le fait qu’on comprend très rapidement qui va mourir et qui va survivre. Néanmoins, cela ne m’a pas empêché de me laisser prendre par le danger qui guette tout ce petit monde tout au long du film. En effet, il n’est pas évident d’être indifférent au destin de quelqu’un qui est pris en chasse par un monstre dans une forêt tropicale.


L’immersion dans le film est plutôt efficace. La première scène en mer est une jolie réussite. La tension est forte. La nature sauvage des lieux est évidente. Les dinosaures sont effrayants. Bref, l’ambiance « Jurassic » est bien présente. À l’exception du « big boss final », je trouve le design des bêtes plutôt réussi. Je mettrai une mention particulière au quetzalcoatlus dont la férocité génère une vraie angoisse dans la scène de la falaise. Bref, le cahier des charges « monstres » est rempli même si on peut parfois regretter certains temps morts dans le scénario laissant penser qu’on aurait le temps de souffler dans ce milieu hostile.


L’attrait principal de ce type de film réside dans le plaisir né des confrontations entre humains et dinosaures. Les adeptes de la saga ont tous des souvenirs forts de certaines « rencontres » des opus précédents qui les ont marqués, stressés ou impressionnés… La liste est longue des moments marquants durant lesquels j’étais tendu dans mon siège de cinéma, angoissé à l’idée de ce qui pouvait arriver aux protagonistes pris pour cible par ces terribles bestioles carnivores. Ce nouvel opus propose son lot de moments forts. Néanmoins, je dois bien avouer que j’ai davantage eu le sentiment de découvrir des scènes d’action que des scènes d’angoisse. Peut-être que le fait que la trame soit prévisible m’a empêché de réellement avoir peur pour les membres de l’expédition. Cela ne m’a pas empêché d’en prendre plein les yeux et de me recroqueviller à certains moments dans mon siège. Néanmoins je ne peux pas dire que j’ai ressenti la même intensité de suspense et de crainte que dans les épisodes précédents.


Cet opus a l’objectif d’être un grand divertissement. Je considère que le cahier des charges est ici rempli. Je n’ai eu aucune difficulté à me laisser porter par le film. Le spectacle est au rendez-vous. La qualité du casting du groupe envoyé en mission est un atout à mes yeux. Scarlett Johansson s’en sort remarquablement bien et incarne une héroïne qu’on est prêt à suivre au bout du monde. Elle nous impressionne lors des scènes d’action, nous touche et nous fait sourire lors de ses échanges avec ses acolytes. Jonathan Bailey interprète le docteur Henry Loomis. Le personnage fonctionne bien même si j’aurais apprécié que son côté geek et rat de laboratoire soit davantage exploité. En effet, il s’adapte bien vite à la situation malgré son manque total d’expérience dans le domaine. Le seul réel bémol concerne la famille de plaisanciers qui se trouve parachutée dans l’histoire à la suite de leur naufrage. Je ne me suis jamais réellement intéressé à leur devenir. Le scénario n’arrive pas à donner du sens au destin de ces quatre personnes sans réel intérêt au final.


Pour conclure Jurassic World Renaissance ne révolutionne pas le genre. Il n’occupera pas une place mémorable dans la saga. Il s’agit d’un épisode facilement oubliable mais qui reste néanmoins sympathique et divertissant. Néanmoins, plutôt que de regretter de ne pas avoir assisté à un renouvellement plein de surprises de l’aventure jurassique je préfère voir le verre à moitié plein et me satisfaire d’avoir passé un bon moment. Je ne suis pas pour autant résigné de voir la saga prendre un nouvel envol mais ce nouveau départ n’aura pas lieu cette année…


Eric17
6
Écrit par

Cet utilisateur l'a également ajouté à sa liste Cinéma 2025

Créée

le 19 juil. 2025

Critique lue 18 fois

Eric17

Écrit par

Critique lue 18 fois

1
1

D'autres avis sur Jurassic World - Renaissance

Jurassic World - Renaissance

Jurassic World - Renaissance

3

Arthur-Levain

340 critiques

Jurassic World : Rebirth (2025)

Cinq ans après Jurassic World Dominion, une expédition traverse des régions équatoriales isolées pour extraire en quête d'une avancée médicale révolutionnaire l'ADN de trois énormes créatures...

le 1 juil. 2025

Jurassic World - Renaissance

Jurassic World - Renaissance

7

Behind_the_Mask

1476 critiques

A Hollywood, les dinosaures, quand il n'y en a plus, y'en a encore.

Les premières minutes de Jurassic World : Renaissance pourront étonner par son sous-texte accidentel. En effet, il fera se demander de manière inconsciente, devant ce diplodocus mourant dont tout le...

le 5 juil. 2025

Jurassic World - Renaissance

Jurassic World - Renaissance

5

lugdunum91

617 critiques

Jurassic World Renaissance : Le dinosaure de trop 5/10

Il fut un temps où entendre un simple battement sourd dans la jungle, suivi du rugissement d’un T-Rex, suffisait à faire vibrer une salle entière. Mais ce temps semble bien révolu. Jurassic World:...

le 5 juil. 2025

Du même critique

Astérix chez les Pictes - Astérix, tome 35

Astérix chez les Pictes - Astérix, tome 35

5

Eric17

1032 critiques

Pour les adeptes de fin de traversée du désert...

Cette année marquera une date importante de la bande dessinée française. C’est en effet la première fois que les aventures des deux plus célèbres gaulois ne sont nés ni de la plume de René Goscinny...

le 11 nov. 2013

L'Empire de monsieur Joseph - Il était une fois en France, tome 1

L'Empire de monsieur Joseph - Il était une fois en France, tome 1

10

Eric17

1032 critiques

Critique de L'Empire de monsieur Joseph - Il était une fois en France, tome 1 par Eric17

« Il était une fois en France » est une série née il y a quatre ans. Son cinquième tome est sorti récemment. Afin d'en profiter pleinement, j'ai décidé de lire une nouvelle fois l'intégralité de la...

le 5 nov. 2011

Succession

Succession

8

Eric17

1032 critiques

Pour les adeptes de dysfonctionnement familial...

Succession est une série que j’ai découverte à travers la lecture d’un article qui lui était consacré dans la revue Première. La critique qui en était faite était plutôt élogieuse. Les thématiques...

le 13 août 2018