Difficile de ne pas rejoindre l’avis général. On a beau se dire qu’un petit film d’action signé Michaël Winner avec James Coburn et Sophia Loren (en lieu et place de Monsieur et Madame Bronson comme cela était initialement prévu), ça ne peut être que sympatoche, le résultat est quand même ultra décevant. Le scénario, déjà, manque cruellement à la fois de limpidité et d’originalité. À force de vouloir tous s’embrouiller les uns, les autres, les personnages finissent par perdre parfois le spectateur qui n’est, il faut l’avouer, venu là que pour mater de chouettes paysages, retrouver des figures familières et se contenter de quelques scènes d’action bien ficelées. Au lieu de cela, James Coburn se trimballe un frère jumeau qu’on voit trois fois et qui ne sert à rien : à partir de là, la fameuse question (« C’est quoi ce bordel ? ») s’invite à la projection et l’ensemble prend une tournure foireuse.


Ce n’est certes pas la grande catastrophe mais les ingrédients de cette mixture sont bien mal utilisés. Les acteurs sont tous très solides, la musique dans le ton, mais le récit ne décolle jamais et on n’est à aucun moment pris par la dimension thriller de l’ensemble. La carrière de Michaël Winner annonce un inévitable déclin en cette fin des années 1970 et on le sent bien embarrassé pour réussir à donner du souffle à son histoire dont les péripéties ne font que rarement avancer l’histoire. Alors, il a beau foutre le feu à une grosse baraque, faire sauter un yacht ou un hélicoptère, le résultat n’en est pas plus impressionnant. Quitte à miser sur de petites séquences pétaradantes, autant embaucher quelques cascadeurs capables de proposer une chouette course-poursuite en bagnoles plutôt que nous affubler d’une doublure voyante de James Coburn dans des scènes même pas impressionnantes.


On ressort donc de cette séance forcément frustré. Des acteurs de ce calibre, on n’en trouve plus beaucoup et ces petits films d’action des années 1970 avec un véritable savoir-faire ont le plus souvent enchanté nos soirées. Là, on nous sert un téléfilm à déguster entre la poire et le fromage d’un dimanche pluvieux. Poussif et peu inventif, il rate sa cible.


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le 29 sept. 2025

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