L’Attachement de Carine Tardieu se distingue par sa douceur et sa sagesse. Ce film brode un natté, ou le deuil, l’amour et le renaissance se mélangent dans une douceur subtil, et donne au spectateur une plongée poétique dans le labyrinthe des relations humaines. Sandra, interprétée par Valeria Bruni Tedeschi, est une femme indépendante et sans enfant. Mais cela change avec l’arrivée brusque d’Alex, interprété par Pio Marmaï, son nouveau voisin. Alex, veuf et peut-être plus désespéré qu’il ne veut bien le paraître, étouffe sous le poids de la vie: ses enfants, qu’il n’avait pas prévu de s’occuper sans sa compagne tant aimé. Sa rencontre fortuite avec Sandra, une âme brisée qui ne veut même pas le reconnaître, deviendra un nouveau fil. La performance de Bruni Tedeschi est rien de moins qu’un miracle. Elle crée un beau portrait d’une femme brusquée par ses démons, d’une beauté éblouissante qui expose l’intrication complexe du deuil et de l’abandon de soi; cela devient plus clair lorsque le personnage s’ouvre à Alex de plus en plus, malgré elle. Marmaï, à son tour, porte avec une vulnérabilité touchante le fardeau qu’il a abandonné, accablé par une douleur représsée qui le bientôt submergera. Vimala Pons, dans le rôle d’Emilia, apporte un peu de légèreté. Son énergie éclatante et brusque se contraste joliment avec les protagonistes plus sérieux et la légèreté qu’elle apporte avec elle dans ses scènes donnant un sourire au spectateur entre chaque rire. Raphaël Quenard apporte sa pierre à l"édifice: un miroir pour Alex et pour le public, embrasant la fureur de son talent. Tout comme Emilia, dans une amitié douce qui est nécessaire pour quiconque perd son équilibre.
Tardieu, qui, pour sa part, parvient à s’emparer de l’essence des moments les plus intimes avec une caméra timide, qui se tait pour donner la parole aux silences disant des choses sur le monde intérieur des personnages. Le décor combiné et mis en valeur ne fait rien d’autre que de compléter cette production exposant la beauté brute qui peut émaner d’une situation troublée. "L’intimité" d’Alice Ferney est une source d’inspiration officielle pour le scénario: se concentrer sur le voyage personnel de Sandra, qui est au centre de son schéma créatif. Les répliques des personnages sont également fringantes, qui expriment toujours la gravité de la vie humaine. enfin, la photographie de Le Moal joue délicatement avec les couleurs et la luminosité. En fin de compte, L’Attachement est une expérience têtue où la renaissance de la volonté est ardemment chérie ...