L'Horloger de Saint-Paul est un film policier français réalisé par Bertrand Tavernier en 1974.
C'est un récit fascinant et poignant où se mêlent le drame intime et une forme de polar social avec énormément de subtilité. Le personnage incarné par Philippe Noiret est extraordinaire dans son rôle de père tranquille, résigné et déstabilisé par le comportement de son fils.
Ce qui frappe, au premier abord, c'est la manière dont le film explore la distance qui sépare les générations et la connaissance que l'on croit avoir de ses proches. Il ne s'agit pas ici d'une banale enquête policière, non, mais d'une intrigue qui agit en miroir pour examiner les incompréhensions et les silences qui façonnent les routines d'une vie familiale. La présence de l'acteur Jean Rochefort semble plus ironique que distante, ce qui enrichit la dynamique du film.
La ville de Lyon et le quartier de Saint-Paul qui donne son titre à l’œuvre, n'est pas seulement ici qu'un décor mais présenté comme une micro société avec ses codes, ses jugements et ses regards. La question, posée en filigrane, peut être la suivante : jusqu'où l'opinion publique peut-elle influencer la perception de ceux qu'on aime ?
Tavernier développe le thème de la responsabilité morale et affective. Il ne cherche ni à juger le fils et encore moins le père, mais à montrer plus précisément la fragilité des relations humaines. Il filme la vie quotidienne avec des gestes simples, comme ses plans serrés sur les mécanismes d'horlogerie, pour ancrer son œuvre dans le réalisme que viennent appuyer des silences, des pauses, aussi importants que les dialogues.
De même on sent que la caméra observe sans juger. En jouant astucieusement avec les espaces clos, puis ouverts, le tout sur un rythme mesuré et parfois contemplatif qui donne au récit une impression de lenteur mais calculée pour contraster avec la tension dramatique du récit. Le temps joue ici un élément narratif qui donne sens au titre du film.