Des talons qui s’enfoncent dans les précieux cailloux qui jonchent l’entrée du Mes, des lumières kaléidoscopiques d’une lampe torche braquée sur les vitraux de l’église, une main d’enfant qui touche des taches de couleur mouvante sur une porte vitrée, un œil de crocodile.. Tout est question de point de vue! Un regard d’enfant sur un « paradis » qui est loin d’en être un, à une époque où un peuple peut être nié au point de ne pouvoir s’exprimer qu’en chuchotant (lorsque deux jeunes malgaches discutent craignant de réveiller le parachutiste blanc) ou en criant (à la libération des manifestants malgaches du bagne).
Fantomette, héroïne préférée du jeune enfant, observe les choses avec clairvoyance et répare les injustices, on ne peut s’empêcher de faire le parallèle avec le regard biaisé et enfantin de Thomas sur un monde injuste.
Après 120 battements par minute, Robin Campillo fait preuve dans son nouveau film, de poésie, de subtilité et d’engagement: bravo!