Du pur film de commande, dans lequel rien ne dépasse et tout est pesé, tour à tour intéressant mais aussi passablement soporifique quand il n’a plus qu’une traversée morose à raconter. Les préparatifs sont certainement les séquences les plus passionnantes, James Stewart qui débarque dans une usine familiale où l’on fait cuire son petit barbecue en plein atelier à la pause déjeuner, c’est amusant. A une époque où l’on a pour image de la construction aéronautique des mastodontes type Airbus, c’est agréable de se plonger dans un contexte où ce domaine n’était encore que l’œuvre d’artisans débrouillards acharnés.
Mais à partir du moment où père nuage prend de la hauteur pour entamer sa traversée, Wilder peine à rester captivant. Les flashbacks n’y changent rien, même s’ils permettent de toujours construire davantage le mythe Lindbergh en titillant le rire, on les sent de trop, comme s’ils avaient été imposés par un tiers et greffés au film après coup, histoire de coller au cahier des charges consensuel mis dans les mains de Wilder.
Dégraissé de son superflu, emballé en une demi-heure de moins, j’aurais sans doute apprécié davantage le voyage, plus de 2 plombes pour voir une tête brulée rallier deux points sans aucune encombre, c’est assez peu réjouissant.
Reste l’intérêt historique du film, qui est bien de la partie. Même s’il est sans aucun doute romancé à outrance, et qu’il bénéficie de la bonhomie insolente de Stewart, –sa mâchoire amicale ferait avaler des couleuvres bien dodues à des adolescentes rebelles sans appétit–, L'Odyssée de Charles Lindbergh fait état d’un cap important dans l’histoire de l’aviation que je ne connaissais que de très loin. Les différents enjeux de la traversée y sont bien mis en perspective, de quoi mériter qu’on s’y attarde… même si, replacé dans la filmographie de Wilder, on est loin des meilleurs faits d’arme du bonhomme.