Contrairement à d'autres films de guerre, celui-ci n'est pas que du pur cinéma-spectacle peu soucieux de vérité historique, le film est une description minutieuse et claire d'une action militaire précise dont on suit le déroulement spectaculaire, annoncé dès le générique imagé sur la musique martiale de Benjamin Frankel. Le scénario est écrit par Philip Yordan et des collaborateurs qui n'ont peut-être pas totalement respecté les faits, mais là n'est pas l'important, ils ont pris soin avant tout de bien cerner 2 figures symbolisant 2 visages de l'Allemagne nazie, avec d'un côté le colonel Hessler qui représente les derniers feux du IIIème Reich ; pour lui, cette opération militaire dans les Ardennes belges peut encore changer le cours de la guerre et donner la victoire à l'Allemagne.
Robert Shaw réussit une prodigieuse composition avec cet officier nazi fanatique et intrépide qui ne se rend même pas compte que tout est perdu, et qui refuse l'éventualité de la défaite. De l'autre côté, son ordonnance Conrad (incarné par Hans-Christian Blech), représente au contraire une Allemagne meurtrie, à l'agonie et lasse de ce carnage inutile. Le reste du casting est prestigieux avec Henry Fonda et Robert Ryan dans des rôles secondaires entourés par une escouade de bons seconds rôles, dont Charles Bronson (qui franchissait encore un pas supplémentaire vers les premiers rôles) et qui tous donnent des Américains une image de combattants un peu trop sûrs d'eux et pas à l'abri des sabotages au sein de leurs propres unités.
L'inconvénient de ce film réside dans ses décors qui par endroits ne sont pas très hivernaux (je rappelle que l'offensive allemande dans les Ardennes eut lieu en décembre 1944), pour cause de tournage en partie en Espagne, choix peu judicieux mais sans doute économique. Sinon, le film est vigoureusement réalisé par Ken Annakin qui avait déjà réglé les scènes britanniques sur le Jour le plus long, il a donc le sens de la technique des films de guerre et surtout de l'action qu'il montre ici dans quelques séquences de bataille qui font de cette grosse production une oeuvre à la fois édifiante et divertissante.

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le 10 nov. 2016

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Ugly

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