On partage l'enfermement d'Hugo dans ce réduit minuscule avec deux ou trois interstices donnant des indications très partielles sur ce qui se passe dans la chambre ou à l'extérieur. D'où sans doute ce sentiment d'oppression que j'ai ressenti. Hugo s'évade en pensées, images mentales de son père, de sa mère, de sa famille juive, de la vie d'avant le basculement.
Des moments courts passés dans la chambre avec Mariana, splendide Mélanie Thierry, protectrice avec le garçon mais qui elle-même oscille entre force et faiblesses ; sa dure condition de prostituée, sa solitude, son origine modeste.
Ce qui surprend, c'est le manque de temporalité, comme le garçon on perd ses repères, simplement quelques faits traduisent le temps qui passe ; au temps assez long de l'occupation nazie succède celle des russes, avec toutes leur lot de barbarie.
Un film plutôt dur et oppressant, parfois difficile à supporter sans particulièrement d'images choquantes, avec une image foncée comme fanée, d'un monde mémoriel.