9 c’est beaucoup mais y a pas 8,5 alors soyons généreux.Il m’a semblé à la lecture de certaines critiques de presse qu’il y a un certain malentendu.Ce n’est pas un film sur la shoah,sur les juifs,sur la guerre,la torture ou même un monstre.C’est le portrait d’un génocidaire dans sa plus grande banalité,sa plus grande médiocrité,sa faiblesse et sa lacheté.Il fuit,il ment,triche,pleure,aime (sa femme,son fils),baise,trompe.Il s’agit de montrer,de maniére virtuose il faut l’admettre que parce la banalité du mal conduit au massacre la répétition n’est jamais loin,nous en avons la preuve tous les jours.
Le noir et blanc et la réalisation surtout pendant la premiére heure sont magistraux, une vraie leçon de cinéma.Cadrages,plan séquences,gestes choregraphiés à la perfection,lumiéres sublimes.Les quelques parties en couleur un peu déroutantes (et trés dures pour le super 8 dans le camp) sont là pour rappeler ses crimes mais surtout surligner la « normalité » de Mengele,la normalisation des actions et de la pensée et la deshumanisation qui en découle.Ce n’est pas pour rien que le temps « encore innocent » est en couleur aussi.Les atrocités sont filmées comme un film de vacance,les victimes et la culpabilité n’existent simplement pas.
Le parti pris de ne pas en faire un monstre totalement haineux ou un psychopathe froid est courageux,trés différent de ce qu’on voit dans la zone d’intérêt par exemple.On est bien plus proche dans la forme et l’esprit du Ruban blanc de Haneke.Dans le traitement du personnage il y a quelquechose de Golden gloves de Fatih Akin.
Je comprends que ça ne plaise pas à tout le monde mais qu’on adhére ou pas au point de vue c’est du cinéma de trés trés haute volée qui m’a donné envie de me pencher sur ce réalisateur que je connais peu.