La Femme de Jean est le deuxième long-métrage dans la carrière (déjà riche de nombreux courts) de la réalisatrice Yannick Bellon. Ce film a été catalogué de "Féministe", ce qui était soir réducteur, soit péjoratif en ce temps-là mais en réalité il est autant un portrait de femme moderne qu'un film à thèse. Le film nous raconte la séparation d'un couple traditionnel, l'homme veut divorcer et la femme reste seule et dans un premier temps éplorée avec son fils déjà jeune adulte qui la soutient dans sa dépression passagère. Ce qu'il y a d'agréable dans ce film social et presque naturaliste, c'est qu'il n'y a pas d'agressivité dans le propos, à aucun moment la thèse ne prend le pas sur le sensible, ce n'est jamais un film "anti-homme" ne cherchant pas le scandale, tout ce fait avec sagesse et simplicité. Il y a des longs moments sans quasi de dialogues, notamment dans la première moitié dans les chapitres dédiés au trauma de la séparation, ça m'a même fait penser au désormais célèbre Jeanne Dielman de Chantal Akerman (les longueurs en moins !) qui sortira quelques mois plus tard. Mais au final, est-ce que ce film atteint son but ? Y avait-il même un objectif ? Il ne passionne pas, d'autant que la mise en scène s'avère très classique, sans surprise.