Encore une fois Ackerman nous hypnotise par la lenteur de son cinéma, totalement soporifique. Cette fois, elle s’aventure hors du plan fixe avec beaucoup de travellings, c’est une grosse évolution, mais ces travellings sont surtout interminables et inintéressants : 10mn d’un travelling sur des palétuviers, puis 15mn sur la rivière qui s’écoule, puis des plans de nuit sans action .
Sur les deux heures de film, il y a 3 à 4 scènes dialoguées, mais souvent inaudible. Le scénario est abscons, une jeune fille métisse emmenée dans un pensionnat, puis on la retrouve adolescente revenue au bord de cette rivière sauvage, dans cette maison semi- abandonnée.
On ne comprend rien, elle tombe amoureuse d’un autochtone, mais on ne sait pas pourquoi, ni comment.
Le film est « librement » inspiré d’une œuvre de l’écrivain culte, Joseph Conrad auteur, entre autre, du « Cœur des ténèbres » , qui inspira le chef d’œuvre absolu de F. F. Coppola « Apocalypse now ».
Mais malheureusement les mêmes causes n’engendreront pas les mêmes effets. Le résultat : un Non-film ? film expérimental ? même pas . Dans un style parfois un peu similaire le contemporain Albert Serra nous régale avec ses films, parce son ultra -esthétisme repose sur des scénario, sur une idée, qui sert de trame, mais ici c’est le vide abyssal.
On retiendra cependant deux belles scènes, esthétiquement réussies : l’arrivée du bateau pirogue au loin, dans la nuit , tout illuminé de guirlandes, sorte de Zoom avant , en plan fixe de 15 mn , assez réussi , et une petite scène atypique de la jeune femme accroupie, en train d’uriner paisiblement sous un porche , assez rare au cinéma, presque mignonnet .
Mais tout cela est trop juste pour faire un film.