Je déteste les films trop longs. Je regarde rarement en une fois un film de plus de 3h. Et pourtant, je suis resté scotché devant mon écran face à l'excellence qu'est La Ligne Rouge. De Malick, je n'avais vu que le début du Nouveau Monde, et j'avais été loin d'être convaincu. Pourtant, il y a vraiment quelque chose d'hypnotisant devant ce film, qui est loin d'être un film de guerre basique. Au final, est-ce vraiment un film de guerre ? Les combats ne sont pas au centre du récit, qui s’intéresse plus aux décisions et aux sentiments des soldats. L'ennemi japonais, pendant toute la première partie du film, est d'ailleurs invisible, comme une ombre invincible qui fait tomber les soldats américains. Cette image contraste énormément avec la seconde partie du film, lorsqu'on voit enfin le vrai visage des japonais lors de l'attaque de leur camp : des humains apeurés, qui ont peur de la mort tout autant que les américains.
Un casting phénoménal (au point de devoir couper Mickey Rourke au montage), une photographie sublime et un sentiment bizarre qui nous fait presque regretter que le film doive se terminer. La Ligne Rouge est devenu instantanément un de mes classiques.