Dans la vie, il y a deux sortes de Bette : la vivante et la morte

Sympa mais décevant ; le pitch est prometteur, le développement n'est malheureusement pas à la hauteur.


Tout d'abord, la mise en place est assez longue. On apprend des choses d'un point de vue factuel, mais les personnages se révèlent assez peu intéressants en soi (surtout que ça aurait été l'occasion de jouer sur les différences de caractère) et il ne se passe tout simplement rien, pratiquement pas de conflits qui en vaillent la peine. Ensuite, une fois l'intrigue mise en place, l'intrigue ne décolle jamais vraiment : les péripéties sont anecdotiques, on ne se prend jamais au jeu. Ce n'est pas inintéressant (la signature, le coffre-fort, le salon, les noms des amies), mais c'est traité de manière un peu trop facile et sans jamais réussir à faire monter la tension ; il y a aussi un côté répétitif dans le traitement (exploitation et résolution) des conflits. Enfin, dans le dernier quart du film, les auteurs se décident à lancer une trame plus importante, celle que l'on attendait depuis si longtemps : c'est vite expédié, c'est un peu facile, c'est un peu pauvre. Mais une fois de plus c'est intéressant surtout que je m'attendais à une autre fin que ça. Au bout du compte, les personnages et les situations m'ont paru pauvrement exploités, c'est bien dommage vu le potentiel. Même l'ironie dramatique sur laquelle repose tout le récit ne m'a jamais fait jubiler, moi qui adore ce outil narratif.


La mise en scène est plaisante : des mouvements, des plans dynamiques, tout ce qu'il faut pour ne pas s'endormir sans que le réalisateur n'en fasse trop pour autant, je précise. On perçoit tout de même quelques maladresses de montage : des plans qui se répètent, sans doute parce que l'on manquait de matière (par exemple un problème de regard par rapport au chien au début, la Bette Davis de droite tourne la tête comme si elle suivait du regard le chien bouger, or le chien ne bougera que dans le plan suivant, dans le même sens qu'indiqué par la tête...). Mais bon, ces petites maladresses sont rares et pas vraiment dérangeantes : globalement, c'est du bon boulot. Le casting est correct, tout le monde joue bien, seule Bette Davis m'a paru un peu fade, surtout lorsqu'elle se retrouve dans des scènes où elle parle à elle-même : les champs-contrechamps, passe encore si ce n'est que les deux voix similaires qui se répondent cassent un peu le rythme, mais une fois qu'on use d'effets spéciaux (réussis, il est vrai), et que Bette parle à Bette directement, on sent un côté mécanique dans la récitation (sans doute pour le timing). Sinon, pour la mise en place de ces plans, c'est plutôt réussi, globalement on y croit, c'est juste Bette qui a un peu de mal à jouer avec elle-même.


Bref, y a de chouettes idées mais ça aurait pu être poussé plus loin. Dommage.

Fatpooper
6
Écrit par

Créée

le 7 mars 2017

Critique lue 410 fois

Fatpooper

Écrit par

Critique lue 410 fois

2
4

D'autres avis sur La mort frappe trois fois

La mort frappe trois fois

La mort frappe trois fois

6

Fatpooper

14122 critiques

Dans la vie, il y a deux sortes de Bette : la vivante et la morte

Sympa mais décevant ; le pitch est prometteur, le développement n'est malheureusement pas à la hauteur. Tout d'abord, la mise en place est assez longue. On apprend des choses d'un point de vue...

le 7 mars 2017

La mort frappe trois fois

La mort frappe trois fois

8

FranckCartier

85 critiques

cherchez la petite Bette

Intrigue prenante et rebondissante mais ce n'est pas le plus important. cette oeuvre nous plonge dans les meandre de l'identité. La vie nous façonne, Nos relations nous inluencent. Combien de crimes...

le 1 mars 2026

La mort frappe trois fois

La mort frappe trois fois

6

cathVK44

3210 critiques

Critique de La mort frappe trois fois par cathVK44

L’identité usurpée, la jalousie et la duplicité s’affrontent à la figure troublante du double dans un thriller noir. Le crime ne paie pas.

le 11 sept. 2024

Du même critique

Taxi Driver

Taxi Driver

5

Fatpooper

14122 critiques

Critique de Taxi Driver par Fatpooper

La première fois que j'ai vu ce film, j'avais 17ans et je n'avais pas accroché. C'était trop lent et surtout j'étais déçu que le mowhak de Travis n'apparaisse que 10 mn avant la fin. J'avoue...

le 16 janv. 2011

Les 8 Salopards

Les 8 Salopards

5

Fatpooper

14122 critiques

Django in White Hell

Quand je me lance dans un film de plus de 2h20 sans compter le générique de fin, je crains de subir le syndrome de Stockholm cinématographique. En effet, lorsqu'un réalisateur retient en otage son...

le 3 janv. 2016

Strip-Tease

Strip-Tease

10

Fatpooper

14122 critiques

Parfois je ris, mais j'ai envie de pleurer

Quand j'étais gosse, je me souviens que je tombais souvent sur l'émission. Enfin au moins une fois par semaine. Sauf que j'étais p'tit et je m'imaginais une série de docu chiants et misérabilistes...

le 22 févr. 2014