Dès son titre, La motocyclette est un film de son temps, celui des années 1960, où la moto était vue comme moyen d'évasion, et là en plus, on découvre que la combinaison en cuir est également un objet de fantasme. C'est le cas du personnage de Marianne Faithfull, qui part à l'aube, laissant son mari dormir, et rejoindre habillée de sa seule combinaison, rejoindre en moto son amant, Alain Delon, qui se trouve assez loin. L'occasion pour elle de revoir ses souvenirs, ses amours, ses rêves...
Le scénario est d'une extrême minceur, se laissant aller à l'évocation de l'amour libre, avec un érotisme inattendu pour un film de 1968 avec une Marianne Faithfull peu avide de ses charmes, mais dont le réalisateur joue aussi de son côté ingénu. Elle a l'air par moments assez naïve, fantasmant sur sa relation avec Delon, au point qu'elle semble avoir un orgasme, ce qui n'est pas une bonne chose quand on conduit une moto... On voit aussi des images psychédéliques par moments, déconseillées aux personnes épileptiques, mais ce qu'on ne peut retirer à Jack Cardiff, par ailleurs directeur de la photo du même film, c'est le talent qu'il a à sublimer les corps de Delon et Faithfull, notamment lors d'une scène où ils font l'amour sous la neige, ou dans une maison, où un pot de roses cache délicatement les attributs masculins de l'acteur.
La motoyclette est avant tout un objet de curiosité, typique de son temps, situé avant la libération sexuelle post-68, et aussi pour admirer Marianne Faithfull dans sa sublime vingtaine.