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Trop gourmand --- une fois encore ?! --- le père Lean.
Et si peu regardant !
Je ne parle pas de la photographie, somptueuse ; ni de la mise en scène, impeccable.


Peu regardant quant au caractère du film (sa personnalité), sa progression, son unité.
J'allais dire 'sa cohérence' --- car la confusion sera l'impression finale --- mais elle est bien là, cette cohérence ; et même trop.


D'abord un long discours (50mn) sur l'altérité, le choc des cultures, l'impérialisme anglais, le racisme tranquille (sans oublier la violence inter-classes au sein de la société indienne).


Ensuite, un focus sur la psychologie trouble d'une jeune femme --- protéiforme et magnifique Judy Davis : tout à la fois, selon les scènes, Isabelle Hupert et/ou Charlotte Rampling et/ou Sophie Marceau et/ou Nicole Kidman : un phénomène !


Enfin le télescopage entre la gamberge de cette femme et la réalité coloniale, histoire d'accoucher … d'un film de procès (genre détestable propre aux fauchés et/ou aux paresseux) dont le verdict est censé mettre au jour la xénophobie, humilier les vilains colons et apaiser notre héroïne, entre autres.



– Why do we spend so much time discussing the English ?



– Because we admire them, Doctor Sahib.



What's wrong, Sir David Lean, sir ?


--- manque de subtilité : rêve d'Orient, puis désenchantement anti-anglais, vague rébellion contre les affreuses poules compatriotes et contre la xénophobie sourde, etc.


OK, les Britanniques vivent là-bas comme à Londres (clubs, théâtre, polo, noms des rues...) ; pas la peine de nous coller le groin sur le leur... et encore moins dans leur auge ! Un peu de finesse porc favor !


Et puis ces foules indiennes en loques, omniprésentes et hurlantes ; foules rameutées par un Lean qui semble vouloir nous pondre un topo intelligent sur l'Autre … mais qui le montre, cet Autre, de façon documentaire, s'aplatissant devant sa caméra de Beau-Bon-Blanc !
Il balançait des fish&ships à la gueule de ces crevards une fois les prises dans la boîte ?!


--- le personnage (central) du Dr. Aziz, parangon de servilité joyeuse (comme toute la bourgeoisie/noblesse léchant les bottes coloniales british).
Jeu insupportable du bonhomme ; on souhaite sa disparition au bout de 2'30, or le film repose sur ses épaules de quinze centimètres.



East is East, Mrs Moore. It's a question of culture.



Et cet Alec Guiness grimé en Indien ! C’était déjà lui sous une couche de cirage interprétant le prince Fayçal ibn Hussein dans Lawrence d'Arabie. Quelle présomption, quelle bêtise !


Lean est un gosse de 75 ans faisant un caprice à plusieurs millions de dollars. Gosse génial mais qui se goinfre ; il veut ses trois heures de film au bout du monde, il veut ses centaines de « figurants », il veut son Alex si ridicule. Et tant pis pour l'histoire* !
Plein le museau ! Voilà ce que désire le cochon de payant !



La route des dindes



Maintenant, les cintrés du régime diversitaire et les adeptes de la psychologie des profondeurs (ce sont souvent les mêmes) trouveront de beaux os à ronger sur cette Route pavée de débris de décolonialisme, de psychologie féminine, de « misogynie systémique », de « féminicide » rampant, etc.


Un goret peut en nourrir un autre (et certains volatiles sont les bienvenus).


* Tant pis aussi pour l'Histoire : à nous de deviner ce qui se trame entre hindouistes et musulmans

Arnaud-Fioutieur
6

Créée

le 5 août 2021

Critique lue 97 fois

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6
5

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