Déjà de retour après un "Daaaaaalí !" peu convaincant, Quentin Dupieux continue à tourner à un rythme quasi militaire/industriel ; ce qui ne va pas sans conséquence sur le qualitatif de sa déjà longue filmographie. Comme d'habitude, le cinéaste français le plus boulimique et décalé (et tendance ?) du moment alterne le meilleur et le pire.
Côté positif, on retrouve ces situation gênantes et absurdes portées par un amour des dialogues (certainement beaucoup d'improvisation) et des bons mots, mettant en valeur sa troupe de comédien (encore une fois impressionnante avec 3 nouveaux grands noms se rajoutant à son palmarès : Léa Seydoux, Louis Garrel et Vincent Lindon). Le metteur en scène leur laisse suffisamment de place pour déployer toutes leurs capacités grâce à de long plans dont 2 impressionnants travellings en ouverture (le plan final faisant office de making of en dévoilant l'envers du décor). Ce sont dans ces instants, où les comédiens jouent avec leurs propres images que le film s’avère le plus réussi ; mention spéciale à Vincent Lindon constamment sur le fil et qui donne l’impression d’assister à une extension du documentaire « Cœur sanglant » qui lui est dédié.
Pour les bémols, on a toujours cette fâcheuse impression de fainéantise/je m’en foutisme avec cette durée de moyen métrage artificiellement étirée et ses disgressions méta/nombreuses mises en abime qui tendent vers la formule éculée ; ce qui fonctionnait et était amusant à ses début, avec « Réalité » par exemple, commence à sérieusement lasser. On aurait également pu se passer de ces passages dans l’air du temps sur la cancel culture ou bien l’IA qui tiennent du gadget et de la pose.
Agréable à regarder comme souvent avec le cinéaste, « Le deuxième acte » est également totalement oubliable. Mais ce n’est pas bien grave, ce drôle d'oiseau saura se rappeler à notre (bon ?) souvenir d’ici 6 mois environ pour un nouvel opus.