Inspiré et librement adapté de l'Affaire Dutroux dans les années 90, Le Dossier Maldoror s'épanche crûment sur les malversations des autorités belges de l'époque et les horreurs commises par le groupe pédocriminel impliqué.
Le développement du personnage de Paul, jeune tête brûlée d'une gendarmerie quasi léthargique, brillamment incarné par Anthony Bajon, permet de suivre l'enquête de manière obsessionnelle, presque maladive. Un personnage fictif ancré dans une réalité étouffante pour s'immiscer au plus près de l'affaire et d'en faire une approche plus personnelle, allant de frustrations en désillusions, s'enfonçant de plus en plus dans un enfer de juridictions idiotes et permissives, laissant le diable commettre les pires monstruosités.
Le cadre délabré, encrassé et pluvieux de la Belgique prolétaire des années 90 en font un écrin immersif puissant et implacable. Les scènes familiales, de plus en plus rares au fil du récit, sont les seules bulles d'oxygène de cet océan macabre dans lequel le film nous fait sombrer.
La réalisation efficace et la narration autour de son personnage central en font un thriller remarquablement intense, non sans rappeler L'affaire SK1 de Frédéric Tellier voire le Zodiac de Fincher, un hommage réussi s'il en est.